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Chronique

Legault, la recrue

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François Legault rode actuellement sur le terrain le discours qu'il portera à travers le Québec cet automne, comme un camp d'entraînement, pour se tailler une place dans la grande équipe.

Hier, devant la Chambre de commerce de Lévis, il est arrivé bien préparé devant les journalistes, a pu égrener devant son auditoire les propositions que son groupe - la Coalition pour l'avenir du Québec - a formulées pour sortir le Québec de son cul-de-sac politique et financier.

L'ancien ministre péquiste n'est pas un grand tribun, il ne soulève pas les foules, mais son discours marqué par le pragmatisme plaît et a le mérite de parler de ce qui préoccupe les gens : l'éducation, la santé, la situation financière du Québec.

Les Québécois sont avides de changement et ce n'est pas le spectacle d'une opposition qui n'en finit plus de se diviser entre ses différents chapelles, et maintenant ses générations, qui les ramènera au PQ.

François Legault avait oublié toutefois qu'au Québec, on ne peut pas échapper à la question de l'avenir du Québec et qu'il faut peser ses mots.

Depuis sa création, la Coalition a décidé d'évacuer la question nationale de son discours, constatant avec lucidité qu'elle ne fait pas partie des priorités des Québécois dans un avenir prévisible.

En point de presse à son arrivée au Centre des congrès de Lévis, François Legault a laissé tomber qu'il ne tiendrait pas de référendum, s'il devient premier ministre, dans un premier mandat. La déclaration était ambiguë, puisqu'elle ouvrait la porte à la tenue d'un référendum dans un second mandat. Ses collaborateurs se sont rendu compte de l'imprécision et ont organisé un second point de presse pour corriger le tir et remettre le couvercle sur la marmite.

Après deux référendums perdus par les souverainistes, François Legault estime que c'est la prochaine génération qui doit décider du statut du Québec dans le Canada. Pour s'y préparer, dit-il, faisons le ménage dans nos structures étatiques trop lourdes et créons de la richesse afin, notamment, de cesser de toucher de la péréquation.

Il n'est pas facile pour un politicien québécois de contourner la question nationale. Le chef de l'ADQ Mario Dumont a longtemps souffert d'avoir affirmé devant le Canadian Club à Toronto, en 2002, que son parti mettait de côté la question constitutionnelle.

Durant la campagne référendaire de 1995, Lucien Bouchard a développé le thème de l'unité à retrouver au sein de notre société. Un Oui, plaidait-il, signifierait la fin de 40 ans de querelles stériles entre fédéralistes et souverainistes, la fin d'un Québec divisé contre lui-même.

Utilisant les divisions intestines du PQ, le président de la CAQ a invité hier les gens de la Rive-Sud à « surmonter les divisions », disant rêver du jour où « les meilleurs seront tous dans la même équipe ». Beau projet!

Hier, il a commis une erreur de recrue, vite corrigée, mais il peut se consoler en constatant que la vraie saison n'est pas commencée. Il y avait incidemment beaucoup d'éclaireurs sur place hier pour jauger le petit nouveau.

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