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INDUSTRIE | DAVIE

Une autre bouée pour la Davie

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Le ministre des Transports, Sam Hamad, a convoqué la presse cette semaine pour annoncer que les signaleurs routiers bénéficieraient dorénavant d'uniformes très voyants. Très bien. Il n'a pas senti le besoin, par contre, de convoquer les médias pour justifier la décision gouvernementale de donner un contrat de 150 millions de dollars au chantier Davie pour la construction de deux traversiers. Peut-être se gardait-il une petite gêne.

Ni le bureau du premier ministre, ni le ministre des Finances, Raymond Bachand, ni celui du Développement économique, Clément Gignac, ne sont allés sur la place publique pour confirmer cette décision qui est apparue dans un décret du Conseil des ministres, décret passé en douce à l'ajournement de la session.

Pour ceux qui ont raté la nouvelle, mentionnons que Québec a autorisé la Société des traversiers du Québec à commander deux traversiers pour remplacer les navires qui relient Tadoussac à Baie-Sainte-Catherine. Le décret du 18 mai autorise la société d'État à déroger à la procédure d'appel d'offres pour conclure une entente de gré à gré avec le chantier Davie.

Au cours des derniers jours, des parlementaires se sont scandalisés de l'entente Ville de Québec-Quebecor qui n'a pas fait l'objet d'un appel d'offres formel, mais est passé par une mise en concurrence de plusieurs entreprises. Or, il arrive que le gouvernement décide de privilégier une entreprise du Québec qui jouit d'une expertise particulière. En octobre, par exemple, l'Assemblée nationale a passé la loi 116 qui accordait à Bombardier le faramineux contrat des 500 wagons du métro de Montréal.

Dans le décret sur les traversiers, on peut lire que « attendu que l'article 508 de l'Accord sur le commerce intérieur permet, dans des circonstances exceptionnelles, de soustraire un marché public de l'application de mesures qui lui sont applicables pour des fins de développement économique et régional... »

Une entreprise qui surnage

Bombardier est un fleuron de l'économie québécoise, une entreprise rentable qui crée des emplois spécialisés dans un domaine très concurrentiel.

Le chantier Davie vit au crochet de l'État depuis des décennies. Le dernier bateau qui est sorti de la cale sèche l'a fait en 1994. Les méthodes de construction navale ont évolué de manière spectaculaire sans que le chantier de Lauzon suive le mouvement.

La Davie a englouti des centaines de millions d'argent public et a été pillée par des intérêts étrangers plus intéressés à mettre la main sur les crédits gouvernementaux qu'à relancer la construction maritime. Le chantier est en faillite et surnage grâce à un prêt de deux millions de dollars par mois du Québec!

On ne compte plus le nombre de « sauveurs » du chantier, le dernier en lice étant la compagnie italienne Fincantieri qui, devait-on apprendre par la suite, a de graves problèmes financiers. Pour se qualifier dans la course aux bateaux fédéraux, une affaire de 35 milliards, Ottawa exige qu'un chantier soit solvable et qu'il ait dans ses cartons un contrat de construction d'un navire.

Québec est donc prêt à suspendre ses règles pour lancer une énième bouée à une entreprise en faillite. On comprend la petite gêne.

- Note sur Pauline Marois : heureusement pour Pauline Marois que Gilles Duceppe et le Bloc ont subi une dégelée le 2 mai, sinon la pression au PQ serait insoutenable.

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