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Crise d'adolescence au NPD

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Le Nouveau parti démocratique (NPD) vit une poussée de croissance imprévue qu'il a tenté de gérer, en fin de semaine à Vancouver. C'était son premier congrès depuis que les électeurs en ont fait l'opposition officielle à Ottawa.

Le 2 mai a sorti le NPD de la marginalité et en fait un courant dominant tant en politique fédérale qu'en politique provinciale. Ses congrès étaient peu couverts et composaient des entrefilets dans les journaux. Ses bravades gauchisantes faisaient sourire et avaient peu de conséquences. Plus maintenant.

Le NPD souhaite que son succès à Ottawa fasse tâche d'huile dans les provinces. Des élections auront lieu dans les prochains mois dans sept provinces canadiennes et on rêve que la vague orange gagne les provinces.

Le parti de Jack Layton est passé de 36 à 103 élus, ce qui a permis au chef d'emménager dans la luxueuse résidence de Stornaway, résidence officielle du chef de l'opposition, en lieu et place de Michael Ignatieff.

Le défi du NPD est donc de se défaire de certaines étiquettes, d'actualiser son programme, pour faire le plein d'électeurs et espérer prendre le pouvoir dans quatre ans. Cela qui signifie abandonner certaines positions gauchistes et naviguer plus au centre de l'échiquier politique. Son aile gauche n'a rien à envier aux zélotes du PQ et certains disent déjà que le parti est prêt à vendre son âme pour toucher au pouvoir.

La proposition de l'exécutif de larguer la désignation « socialiste », pour la remplacer par celle plus vendable de « social-démocrate », a été expédiée sur une voie d'évitement.

Quant au débat sur une fusion avec le Parti libéral du Canada, il a été assez vigoureux, mais le NPD garde sa marge de manœuvre. Il est en situation de force et capable de dicter ses conditions, le cas échéant.

Le NPD a été fondé en 1961 par Tommy Douglas et Le Congrès du Travail du Canada (CTC), le plus gros syndicat au Canada. Le CTC a toujours financé et appuyé le NPD. Lors de l'élection d'un chef, les syndicats disposent de 25 % des votes.

Samedi, le président CTC, Ken Georgetti, a rappelé aux délégués néo-démocrates d'où ils viennent et qui les a soutenus durant une longue traversée du désert politique. Nous sommes la « colonne vertébrale » du parti, de dire le président du CTC, lançant une mise en garde aux 1 500 délégués.

Jack Layton s'est empressé de mentionner qu'il tenterait de bloquer, aujourd'hui, la loi spéciale aux Postes.

Le Québec a surpris tout le monde en envoyant 59 élus, la majorité des néophytes sans expérience, siéger sur les banquettes du Parlement. Ce poids du Québec ne se reflétait pas dans les résolutions, ni dans les débats à ce congrès, tout le monde ayant été pris de court par la déferlante orange.

Parti génétiquement centralisateur, le NPD promet une loi pour donner une reconnaissance concrète du Québec. Le NPD aura une belle occasion de démontrer son sérieux en militant pour conserver la représentation du Québec aux Communes et contrer la commission des valeurs mobilières.

Un parti peut se permettre une crise d'adolescence à 50 ans, le PQ nous y a habitués depuis 40 ans.

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