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Chronique

Crise d'existence au Parti Québécois

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Pauline Marois réunit ses députés aujourd'hui dans le cadre champêtre de la station Duchesnay. Elle devrait sans doute compter ses députés pour être bien sûre qu'ils répondent tous à l'appel en fin d'après-midi.

Benoît Charette a eu droit hier à son heure de gloire en annonçant, avec beaucoup de détachement, qu'il siégerait dorénavant comme indépendant à l'Assemblée nationale, le cinquième élu à quitter le navire du PQ en deux semaines. On aura compris de ses explications que le jeune député de 35 ans s'est trouvé un parking politique en attendant que la Coalition de François Legault ne se mute en parti politique.

Le député de Deux-Montagnes n'a pas caché sa proximité avec l'ex-ministre et celui-ci a été informé de sa décision avant même Pauline Marois. Il est plus difficile de justifier le fait qu'il ait accepté de signer la missive des « jeunes » députés péquistes qui demandaient à Jacques Parizeau de leur faire confiance pour la suite des choses. C'est beau d'être solidaire, mais quand on a le pied dans la porte, on ne fait pas semblant de participer à la parade.

Si cette lettre des jeunes élus représente l'avenir du PQ, il y a vraiment de quoi s'inquiéter de la survie même du parti.

DÉCISION MÛRIE

Benoît Charette mijotait sa décision depuis plusieurs mois mais, assez curieusement, c'est le départ précipité des Curzi, Beaudoin, Lapointe et Aussant qui l'a amené à la repousser. Il quitte en fait pour des raisons diamétralement opposées aux députés qui trouvent que leur parti est trop mou sur la question de la souveraineté. Lui, il ne veut pas de référendum dans un avenir prévisible et souhaite, comme la majorité des Québécois, une trêve de longue durée sur le front constitutionnel.

De tous les démissionnaires, un seul, Jean-Martin Aussant, a mis en cause le leadership de Pauline Marois. Les autres conviennent qu'elle a fait du bon travail et Benoît Charette a pu dire hier qu'elle a « sauvé » le PQ.

Ce n'est pas une crise de leadership qui secoue le PQ, comme à l'époque d'André Boisclair, mais une crise existentielle sur la raison d'être d'un parti qui a plus de 40 ans. Sans le ciment de la souveraineté, les parties qui ont constitué cette coalition en 1968, avec la fusion du Ralliement national (RN), du Mouvement souveraineté-association (MSA), puis du Rassemblement pour l'indépendance nationale (RIN) est en voie de disloquer. Le PQ se fait gruger sur la droite par la Coalition et l'ADQ et sur la gauche par Québec solidaire.

PAS UNE PREMIÈRE

En 1984, le PQ a connu son premier schisme, mais y a survécu. Le premier ministre René Lévesque avait décidé de saisir le rameau d'olivier offert par Brian Mulroney, le nouveau premier ministre canadien, pour ramener le Québec dans la Constitution. Le PQ s'est engagé dans ce qu'on a désigné comme le Beau Risque, se résignant à négocier du fédéralisme renouvelé. Le prix à payer pour Lévesque fut la démission de six ministres, dont Jacques Parizeau, et celle de Lévesque lui-même quelques mois plus tard.

La différence aujourd'hui, c'est que d'autres mouvements peuvent assumer la relève.

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