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Chronique

Un plan pour Montréal

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Le ministre fédéral des Transports, Denis Lebel, a rapidement appris qu'on ne peut pas traiter les contribuables comme des demeurés sans en payer le prix.

En début de semaine, il refusait de publier un rapport sur le pont Champlain de peur de créer des « émois ». Heureusement, le bureau du premier ministre Harper est venu corriger la gaffe de l'un des rares représentants du Québec (quatre au total) au sein du Conseil des ministres.

Les pouvoirs publics traitent le dossier des infrastructures dans la région de Montréal comme s'il était radioactif. Ils auraient tout intérêt, au contraire, à jouer franc-jeu et à étaler sur la place publique toutes les données, car il y aura des décisions majeures à prendre. Toutes les informations qui ont circulé depuis des semaines ont été arrachées par les médias ou rendues publiques sous la pression populaire.

Le rapport du consortium BCDE de cette semaine est technique et porte sur les hypothèses envisagées pour remplacer le pont actuel par un pont ou un tunnel et il n'y avait pas de quoi faire tant de mystères. Il en est autrement du rapport Delcan, qui donne la chair de poule et qui a été obtenu il y a quelque temps par un quotidien. On y mentionnait que le pont doit faire l'objet d'une « vigilance extrême » et qu'il y a un risque pour un effondrement partiel du pont ou d'une travée, si on ne prend pas des mesures à court terme.

Le pont Champlain a été ausculté depuis des années et BCDE évoque l'existence de 20 études différentes.

Conséquemment, on peut se demander comment il se fait que Québec et Ottawa n'en ont pas fait une priorité absolue alors qu'on dépense des milliards en infrastructures. C'est le pont le plus achalandé au Canada avec 57 millions de passages par année, 156 000 automobiles tous les jours et 12 000 camions et c'est incontestablement une des veines de Montréal.

Le mauvais état des infrastructures dans la région métropolitaine fait de l'île de Montréal une zone qui piège les automobilistes et les camionneurs.

Devant l'ampleur de la tâche, il faudra trois ans pour démolir le pont actuel et dix ans pour le reconstruire, il faut envisager un plan global de circulation incluant l'échangeur Turcot qui n'en finit plus lui aussi d'être rafistolé.

Certaines villes américaines, Boston notamment, n'ont pas hésité à lancer de gigantesques chantiers pour désengorger le trafic. En gérant à courte vue, Québec et Ottawa ont gonflé le problème.

On a très peu entendu le premier ministre Jean Charest sur le problème lancinant de la circulation à Montréal. Pourtant, dans le cas des hôpitaux de Charlevoix, en raison d'un risque sismique, son gouvernement a bougé très vite.

Certains déploraient hier que le dossier prenne une tournure politique. Au contraire, il faut s'en réjouir si on évite la petite politique. Les gouvernements Harper et Charest doivent assumer ce leadership pour désenclaver Montréal, tout le Québec va en profiter.

La mollesse de l'administration de Gérald Tremblay et la structure ingouvernable de la métropole, avec ses nombreux duchés, demande un plan pour Montréal.

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