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Chronique

Refuser la violence

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Nous sommes confrontés régulièrement à des actes de violence. Que ce soit sur le plan verbal ou gestuel, il y a tous les jours quelqu'un qui se manifeste autour de nous.

La violence existe depuis le début de l'humanité. Les livres religieux en parlent et tous nos livres d'histoire racontent les guerres, la barbarie, les conquêtes, le pouvoir.

Dans l'esprit de certains, la violence se confond souvent avec la force. Que n'a-t-on entendu « il ne se laisse pas faire. Il en impose! » Ou encore dans les familles d'autrefois, il n'était pas rare d'entendre une mère dire à l'un de ses enfants turbulents « attends que ton père rentre et que je lui raconte, tu vas en manger toute une! ». C'était déjà l'exemple démontré dans la vie de l'enfant. La faute attirait automatiquement la correction physique. C'était le règne de la terreur.

Vivre avec la peur

Il y a toutes ces femmes et ces enfants qui ont vécu avec la peur de leur conjoint et de leur père. Les histoires sont les mêmes, ici ou ailleurs. Et si elles ont été nettement plus importantes avant, elles existent encore aujourd'hui. Il n'y a qu'à se rappeler ce proverbe arabe qui dit : « Bats ta femmes tous les matins. Si tu ne sais pas pourquoi, elle le sait ». Il en allait ainsi véritablement. Je me souviens de l'un de nos voisins alors que nous vivions à Paris. Deux ou trois fois par semaine, on pouvait entendre la colère du mari et les cris de la femme. Les cloisons étaient minces. Ça commençait par des échanges verbaux, puis le ton montait et c'était l'apothéose. Mon père avait essayé d'intervenir, mais c'est la femme qui subissait les violences qui l'avait rabroué. Incroyable, mais vrai!

Les enfants du couple qui étaient mes amis se bouchaient les oreilles et se cachaient sous leurs draps, terrorisés. Moi qui entendais tous ces cris à travers le mur, j'étais morte de peur. Le lendemain matin, les enfants voyaient leur mère remplie d'hématomes. Ils étaient chagrinés, mais ne disaient rien. C'était le règne de l'omerta.

Les mots qui tuent

On est interpellé chaque jour par la violence physique, que ce soit par les bulletins de nouvelles internationales, par les séries télévisées qui nous gavent de détails, par le comportement de certains citoyens dans les lieux publics. Mais il y a l'autre violence, la verbale. Celle qui touche en plein cœur et dans l'esprit. Elle tyrannise, terrorise et tétanise à la fois. C'est une violence qui laisse des marques indélébiles et qui ne doit pas être permise.

Nous ne devons pas accepter la violence sous quelque forme qu'elle soit. Dans le couple, souvent, la violence verbale ou physique précède la réconciliation, l'amour. Il ne faut pas se laisser berner par ces retrouvailles. Elles sont malsaines et donnent un message négatif à nos enfants. La violence touche autant les femmes que les hommes. Des organismes spécialisés existent. Ils sont là pour vous aider.

Refusez la violence. Ne la laissez pas s'installer dans votre vie.

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