/homepage
Navigation
Chronique

Autrement?

Coup d'oeil sur cet article

Les partis politiques traditionnels ont-il un avenir? Les cinq députés qui ont quitté le navire péquiste en juin ont dénoncé en des termes très durs la façon de faire de la politique, qui, analysent-ils, ne correspond plus aux besoins de la population.

Les quatre indépendantistes indépendants (Curzi, Lapointe, Aussant, Beaudoin) ont expliqué qu'ils ne pouvaient plus supporter le carcan de la partisanerie et insisté sur la nécessité de faire de la politique « autrement ». L'autre démissionnaire, Benoît Charette, croit que le PQ doit avoir le courage de dire qu'il ne tiendra pas de référendum s'il est porté au pouvoir, donc agir autrement.

Louise Beaudoin, députée de Rosemont, a, le jour de sa démission du PQ, porté un jugement lapidaire jugeant que la politique « est en train de mourir ici et ailleurs ».

Louise Beaudoin a un très long cheminement dans les affaires de l'État. Elle a gravité longtemps dans les coulisses du pouvoir à l'époque de Claude Morin et des discussions constitutionnelles avant de se faire élire dans Chambly, puis Rosemont, et d'occuper d'importants portefeuilles ministériels. Son constat est d'autant plus brutal, bien qu'il sonne un tantinet comme : après moi, le déluge.

Électeurs libérés

C'est un fait que les électeurs ne se retrouvent plus dans certains discours et 's des politiciens. L'électorat a largué le Bloc québécois comme une vieille chaussette et s'est jeté, aveuglément parfois, dans les bras du NPD.

Les sondages démontrent que les Québécois n'attendent que l'occasion de voter pour la Coalition pour l'avenir du Québec de François Legault qui n'est pas encore un parti constitué.

Somme toute, les électeurs se sont libérés des lignes de parti et sont attirés par tout ce qui incarne le changement ou une façon différente de faire de la politique. Ils sont devenus infidèles et magasinent le meilleur véhicule. Les médias sociaux ne seraient pas étrangers à cette mutation car ils ont le pouvoir de répandre des idées et de mobiliser de façon instantanée.

Cohésion de groupe

Le premier ministre Jean Charest est également d'avis que les clientèles vont se fractionner. À la fin de son voyage en Europe, fin juin, il constatait une tendance mondiale en France, en Belgique, en Angleterre à choisir des gouvernements de coalition, le résultat des bouleversements politiques et économiques.

« Ça ramène à l'essentiel en politique », philosophe le chef libéral, tirant la conclusion qu'il faut présenter une vision pour se faire élire.

Cette vision du PLQ était pourtant très claire lors de l'élection de 2003, mais elle a fait long feu.

Les péquistes démissionnaires savourent leur liberté de parole retrouvée, mais ils vont rapidement constater qu'il n'est pas si facile de faire « autrement ». Déjà, ils sont contraints à une certaine cohésion de groupe. À la reprise de la session, ils devront faire preuve d'imagination pour demeurer pertinents. Les règles parlementaires favorisent le bipartisme et sont impitoyables pour les autres formations. À moins évidemment que le seul but soit d'être les quatre cailloux dans les souliers de Pauline.

Dans un tel climat, tous les partis, y compris les « vieux », se définiront comme des vecteurs de changement.

Commentaires