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Chronique

Le nouveau combat de Jack

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Coup de tonnerre dans ce ciel de juillet, la politique canadienne perd « temporairement » son chef de l'opposition, celui qui incarne sa conscience sociale et son politicien le plus populaire.

Jack Layton, chef du NPD, affronte une nouvelle attaque du cancer et souhaite être de retour à la reprise des travaux à Ottawa, fin septembre. Souhaitons que celui qui a vaincu un cancer de la prostate, qui a mené une campagne électorale impeccable et déclenché une vague orange sans précédent remporte cette bataille décisive.

Ceux qui l'ont vu, hier, en conférence de presse, ont été frappés par les traces qu'ont laissées sur son visage ce ­nouveau combat.

« Tirer la plug »

L'état de santé de Jack Layton est au centre de la politique fédérale depuis qu'il a révélé, en février 2010, qu'il avait un cancer. Lorsque les rumeurs d'élections ont commencé courir à l'automne et au printemps, à Ottawa, beaucoup d'observateurs évoquaient le fait que le chef néo-démocrate n'oserait pas « tirer la plug », car il n'avait pas les réserves nécessaires pour se farcir une campagne, l'équivalent d'un marathon politique.

L'occasion de les contredire s'est présentée avec le budget Flaherty, en mars. Le NPD aurait pu sauver le gouvernement Harper, les libéraux et le Bloc ayant déjà annoncé leur intention. Les conservateurs ont modifié légèrement leur budget, mais « Jack » a jugé ces modifications insuffisantes et, dans un geste solennel, annoncé son opposition. Le gouvernement conservateur est tombé les jours suivants et entraîné la tenue ­d'élections générales.

Le chef du NPD a mené une ­campagne énergique et il a marqué des points dans les deux débats ­télévisés; souriant, humain, jouant la carte de la proximité avec les citoyens. Entre la froideur de Stephen Harper la ­cérébralité de Gilles Duceppe, Layton a séduit, particulièrement au Québec.

Le mouvement de sympathie qu'il a soulevé - on se ­rappellera ces images de Layton brandissant sa canne - a fait des ravages.

Le NPD a fait élire 66 nouveaux députés dont la majorité (58) au Québec et a formé l'opposition officielle. On découvrira assez vite que ce raz-de-marée a charrié bien des ­poteaux qui ne s'attendaient pas être des députés.

Rumeurs

Dans les coulisses des partis fédéraux, on chuchotait que Layton était très malade et qu'il devait affronter une récidive de le maladie. Le principal intéressé répondait toujours, lorsqu'on lui posait la question, avec le sourire, qu'il tenait la forme.

Jack Layton a causé une certaine surprise en annonçant, hier, qu'il allait demander à son parti de confier l'intérim à Nycole Turmel. Peu connue en dehors de la région de Gatineau, cette ex-présidente de l'Alliance de la fonction ­publique a été tirée de la retraite par le NPD et élue présidente du caucus. Vu du Québec, Thomas Mulcair, seul élu avant le 2 mai, semblait un choix logique. Entre un ex-ministre, bagarreur reconnu, et une élue du 2 mai, Layton a préféré la nouvelle venue.

Ce choix accrédite les rumeurs de différends profonds ­entre Layton et son flamboyant lieutenant québécois.

Pour l'heure, misons sur l'espoir et l'optimisme pour le rétablissement de ce bon « Jack ».

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