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Chronique

Le piège Montréal

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Le premier ministre Jean Charest s'est rendu à Chibougamau, hier, pour annoncer la construction d'une route dans le Grand Nord, alors que tout le monde essayait de comprendre ce qui s'est passé sous le tunnel Ville-Marie, à quelques mètres d'un drame.

Il serait injuste d'imputer aux libéraux le décrépitude du réseau routier québécois. Le gouvernement investit des milliards pour mettre à niveau nos infrastructures. Leur état lamentable tient au fait qu'elles ont été construites à la même époque, qu'elles atteignent leur fin de vie utile, et qu'on a négligé, sous plusieurs administrations, de les entretenir. La gestion à courte vue, les yeux fixés sur le bitume, avec ses conséquences. On aimerait toutefois que le pouvoir à Québec démontre autant de conviction et de volonté dans l'élaboration d'un plan pour Montréal qu'il en manifeste pour le Plan Nord. Un gouvernement peut marcher et mâcher de la gomme en même temps, nous répondra-t-on, mais pendant que les visites se succèdent au-délà du 49e parallèle, la métropole manque désespérément d'un plan d'ensemble qui lui permettra de retrouver une certaine fluidité sur son réseau routier.

Sommes colossales

Montréal est devenue un piège qui se referme sur les automobilistes et les camionneurs qui doivent la traverser. Cet enlisement a des conséquences économiques énormes tant sur Montréal que sur le reste du Québec. Il faudra, au cours des 10-15 prochaines années, consacrer des sommes colossales pour refaire le pont Champlain, l'échangeur Turcot sans compter le rafistolage du pont Mercier, du boul Métropolitain, du tunnel Ville-Marie. Sortir de l'aéroport Trudeau tient du jeu de devinettes.

Tous ces chantiers sont traités à la pièce et on ne distingue pas de vision globale susceptible de donner un peu d'espoir aux automobilistes-contribuables. Pire, Montréal est dirigée par un maire falot et a hérité d'une structure ingouvernable avec ses nombreux duchés et arrondissements. L'opposition à l'hôtel de ville avec Richard Bergeron rêve du jour où les autos n'auront plus droit de cité. Pour compléter le portrait, ajoutons les frictions entre Québec et Ottawa qui se sont matérialisées quand il a été question de refaire le pont Champlain, car quelqu'un devra ramasser la facture.

Pendant que le ministre Lebel faisait des cachotteries au sujet des études sur la solidité du pont Champlain et qu'on tergiverse, on apprenait que le fédéral avait offert 550 millions aux Américains pour financer le pont reliant Windsor et Detroit.

Leadership

Boston était paralysée avant de lancer un immense chantier qui a désengorgé le trafic et refait le tissu urbain. Cette coordination dépasse le stade des rencontres entre fonctionnaires. Il est temps que les premiers ministres Stephen Harper et Jean Charest imposent un leadership, un calendrier, un plan pour désengorger la métropole et, par ricochet, rassurer les Montréalais qui conduisent la tête entre les épaules. C'est le signal qu'il faut donner pour que les choses bougent, au sud du 49e parallèle.La chance a joué, dimanche matin, mais on peut éviter que le ciel nous tombe à nouveau sur la tête.

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