/entertainment/music
Navigation

Émouvant Ferland !

? Heureux d'être là et si près du public, Jean-Pierre Ferland a servi un spectacle d'une rare intensité, hier soir, pour le spectacle-bénéfice annuel de l'Espace Félix-Leclerc.
PHOTO ANNIE T. ROUSSEL ? Heureux d'être là et si près du public, Jean-Pierre Ferland a servi un spectacle d'une rare intensité, hier soir, pour le spectacle-bénéfice annuel de l'Espace Félix-Leclerc.

Coup d'oeil sur cet article

De retour à Québec quelques semaines seulement après sa « rechute » sur la grande scène des plaines d'Abraham au Festival d'été de Québec, Jean-Pierre Ferland a réussi à faire rire autant qu'à émouvoir, hier soir, dans l'intimité de l'Espace Félix-Leclerc.

Accueilli par une ovation sur les notes de Le petit roi, Ferland était tout à la fois flatté et heureux d'être là pour rendre hommage à son ami Félix et donner un coup de pouce à sa postérité, puisqu'il s'agissait du spectacle-bénéfice annuel de la salle-musée judicieusement située à l'île d'Orléans, là où il a vécu les dernières années de sa vie.

Rappelant à quel point il adorait Félix qu'il appelait « Dieu le Père », Jean-Pierre s'est finalement lancé dans l'interprétation du Petit Roi, la chanson qui allait propulser sa carrière, il y a pas moins de 40 ans.

Sa royauté acquise, il se met à raconter son émotion le jour où il a réalisé que le grand Félix avait enregistré Ton visage, « sa » chanson et une des rares qu'il n'avait pas écrites. « C'est le plus beau trophée, le plus beau Félix de toute ma vie », confie-t-il avant de l'offrir avec une émotion bien sentie.

Quelques bonnes respirations puis, avant d'interpréter God is an American et Tirelou, il se met à parler de Félix, de l'homme autant que du poète, puisant dans ses souvenirs pour raconter quelques anecdotes, parfois très drôles, parfois touchantes, habilement intercalées entre ses chansons.

Entouré de ses cinq excellents musiciens et de quatre choristes, un peu à l'étroit sur la petite scène de l'Espace Félix-Leclerc, Ferland parle autant qu'il chante. S'il a toujours été bon conteur, hier soir, il s'est surpassé, déridant les quelque 180 spectateurs qui avaient l'impression d'être assis dans son salon plutôt que dans une salle de spectacle tellement Ferland était près d'eux.

Il les fait crouler de rire en racontant avec moult détails la dégustation de son premier artichaut, chez sa logeuse à Paris, où il précise avoir passé quatre ans sur les traces de Félix. Peu après, son récit bien senti de L'assassin mondain lui vaut une nouvelle ovation.

Pas de duo

Ferland a ému, aussi, et comment! En offrant tout particulièrement La musique, une chanson que Félix, assure-t-il, aurait adorée. À entendre les paroles de cette chanson d'amour avec... la musique, on ne peut qu'approuver.

En fait, plus la soirée avance, plus Ferland est touchant et l'émotion atteint son paroxysme, en finale, quand il offre en guise de rappel, Un peu plus haut, un peu plus loin dans une version vibrante.

Seule petite déception, mais on lui pardonne, contrairement à ce qu'il nous avait confié en entrevue il y a quelques jours, il n'a pas chanté en duo avec Félix par vidéo interposée. La technique étant ce qu'elle est et l'étroitesse de la scène l'en ont sans doute empêché.

Un rêve chaste

Si Nathalie Leclerc avouait, en ouverture de soirée, rêver de Jean-Pierre Ferland depuis longtemps, « chastement » bien sûr, le président de Quebecor et mécène de l'Espace Félix-Leclerc, Pierre Karl Péladeau, a rappelé que Ferland avait enivré la jeunesse de plusieurs spectateurs dans la salle.

Une salle qu'il a fait rigoler en avouant en soupçonner plusieurs parmi eux d'avoir fait des choses pas toujours catholiques sur ses chansons, avant de souhaiter bonne soirée à tous.

Commentaires