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Chronique

La rentrée

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La réunion annuelle de la commission jeunesse du Parti libéral du Québec (PLQ), début août, marque traditionnellement la rentrée politique au Québec. C'est une bien petite rentrée cette année et ce ne sont pas les débats du week-end à Lennoxville qui vont déclencher une petite révolution ou forcer le gouvernement Charest à modifier sa façon de faire les choses.

Le PLQ, malgré de multiples plongées dans l'opinion publique, demeure remarquablement uni, au point de distiller l'ennui. On a rarement vu un caucus aussi solidaire de son chef après huit années chaotiques au pouvoir. Pas une seule voix discordante, et s'il fallait que Jean Charest annonce demain matin qu'il quitte la vie politique, il faudrait chercher ce dauphin (ou dauphine) capable de lui succéder.

Rappelez-vous l'an dernier ce pauvre délégué libéral bien intentionné qui est demeuré seul au micro du congrès du PLQ à Lévis. Le pauvre homme voulait qu'on le seconde pour débattre d'une motion, qui aurait été défaite à plates coutures, pour examiner la création d'une commission d'enquête sur la construction.

Force de frappe

Au PLQ, les jeunes disposent d'une liberté d'action totale et d'un poids démesuré dans les instances (le tiers des votes). C'est Robert Bourassa qui a donné cette force de frappe aux jeunes à une époque où la jeunesse investissait massivement le Parti québécois. Les jeunes libéraux, sous la direction du jeune Mario Dumont, en ont profité pleinement et poussé le PLQ aux limites de la souveraineté.

La commission jeunesse était donc le lieu de l'activisme, de la remise en cause des politiques, l'aiguillon dans les parties molles du parti.

En fin de semaine, les jeunes libéraux ont débattu, entre autres, des accommodements raisonnables pour les immigrants. Ils demandent au gouvernement de mieux définir le concept d'interculturalisme. Il est peu probable que la proposition de créer un Office québécois d'harmonisation interculturelle soulève les passions au moment de partir le BBQ.

La résolution sur le durcissement face aux cyclistes rebelles a suscité de beaux échanges en atelier. Pas de résolution sur les gaz de schiste, l'état des infrastructures, la difficulté de trouver un médecin de famille, le poids de la dette... Le dossier constitutionnel a, par ailleurs, émergé des boules à mites afin que la nation soit incluse dans la constitution.

C'est une bonne idée, mais qui ne se réalisera pas de sitôt. Le premier ministre Charest a rappelé en conférence de presse que le moment n'est pas venu d'ouvrir le dossier et que ce n'est pas demain la veille. « On n'est pas là », a-t-il résumé, d'autant plus qu'il y aura des élections dans cinq ou six provinces cette année, ce qui risque de modifier le portrait dans le reste du Canada.

Si le PQ était d'attaque, il aurait pu répliquer que ce gouvernement n'est jamais là. Pendant que le PLQ montre un front uni, la chef péquiste est obligée de s'expliquer sur ses convictions devant un jeune président d'association et de se réjouir de la fragmentation du vote indépendantiste!

Pas étonnant que Jean Charest affichait un petit sourire au moment où débute un long compte à rebours électoral.

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