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Chronique

Le plaisir de la table

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Du plus loin que je me souvienne, les moments les plus heureux que j'ai passés durant mon enfance se sont déroulés autour de l'immense table de notre salle à manger. Ma mère, cuisinière hors pair, adorait recevoir.

Elle a transmis cette passion à mon père. Tous les deux se faisaient donc une joie de lancer des invitations. Au moins une semaine sur deux, on se retrouvait, parents et amis, se régalant, mais surtout partageant nos visions du monde et des gens.

Être réunis autour de la table ne faisait pas que satisfaire nos papilles gustatives. C'était l'occasion d'échanger, d'écouter aussi, de s'exprimer fortement parfois, mais toujours dans un équilibre heureux. C'est une chose qui m'a été transmise et que j'ai réussi à garder durant une trentaine d'années.

Les temps changent

Force m'a été de constater que mes enfants n'étaient pas animés du même désir. Il faut dire à leur décharge que comme la plupart de leurs semblables, tout le monde travaille à l'extérieur, homme et femme.

Il y a aussi le désir de se retrouver en couple au restaurant, pour décompresser un peu, et parfois avec des amis. Mais les grandes tablées, c'est plutôt terminé. Hormis le temps des Fêtes, les anniversaires et autres... recevoir pour recevoir, c'est assez dépassé.

Il faudrait essayer d'aller à contre-courant de cette tendance. Avec frères, sœurs, enfants, parents, amis. Pour assurer la survivance de nos goûts, de nos idées. Pour célébrer la joie de vivre et la transmettre à nouveau.

Certes, cela demande un certain effort. Mais cela permet aussi d'être reçu à son tour. Il faut créer le mouvement pour combattre l'isolement où l'on se retrouvera les uns les autres. Pour apprendre à nos enfants le partage et non pas cette nouvelle « réclusion » dans laquelle ils se retrouvent confinés dans leurs chambres avec leurs ordinateurs et leurs amis virtuels. Sans dénigrer ce moyen de communication que moi-même j'adore, ils doivent apprendre à apprécier autre chose.

Retrouver le plaisir

Il faut un peu se forcer. N'en doutons pas. On se retrouve dans nos pantoufles, dans notre fauteuil, avec nos activités et on se dit : au diable les invitations ! Et pourtant, si on s'y mettait tous un peu, on se retrouverait, on se réhumaniserait !

Comme c'est souvent la coutume durant le temps des Fêtes, les convives peuvent participer au menu. C'est l'occasion qu'on crée d'être ensemble qui est la plus importante. Sans compter le message qu'on laisse aux plus jeunes.

Voilà, je partage avec vous ces quelques réflexions. Tout cela me chicote depuis quelque temps.

Soyons festifs chez nous le plus souvent possible. La joie de vivre, ça se communique. Il n'en tient qu'à nous. Les lundis n'en seront que plus heureux. Recevoir ne veut pas dire se ruiner. N'oublions jamais la notion de partage. Quand tout le monde participe, tout est mieux.

Ah ! les beaux dimanches de mes parents ! C'était vraiment bien. Et si on recommençait !

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