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Plus le temps de jouer à l’autruche

« On ne fait pas d’omelette sans casser des œufs »

- Jean-Paul Boily, collecteur libéral

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uébec Au tour des financiers libéraux de monter le ton pour que Jean Charest déclenche une commission d’enquête sur la construction, même au risque de nuire au travail des policiers.  

 

 

À une dizaine de jours du congrès du Parti libéral du Québec, un influent collecteur de fonds libéral, Jean-Paul Boily, qui roule sa bosse au sein du parti depuis plusieurs années, estime que le gouvernement est acculé au mur et doit bouger. 

 

« Au moment où on se parle, le gouvernement n’a plus le choix, il doit faire quelque chose. On est rendu à un stade, surtout depuis le rapport Duchesneau, où il faut réagir, on ne peut pas faire l’autruche », a-t-il martelé mercredi, lors d’un entretien accordé au Journal. 

 

Prix à payer

M. Boily comprend les arguments brandis par le gouvernement Charest à l’effet qu’une commission d’enquête publique puisse nuire au travail des policiers. « Mais si c’est le prix à payer pour qu’on fasse le ménage là-dedans, payons-le le prix! On ne peut pas faire d’omelette sans casser des œufs », a-t-il scandé. 

 

Le financier libéral ne cache pas que l’entêtement du gouvernement Charest à refuser une commission d’enquête sur la construction commence à inquiéter les militants et pourrait même nuire au parti. « On dirait quasiment qu’on a la lèpre parce qu’on fait de la politique », s’époumonne-t-il. 

 

M. Boily promet d’ailleurs de se faire entendre au congrès du PLQ, qui se tiendra les 21, 22 et 23 octobre à Québec. 

 

La pression des militants

« Je vais faire des démarches pour qu’il y ait une discussion franche et ouverte. Il va avoir la pression des militants, la situation mérite qu’on fasse quelque chose. Il faut crever l’abcès. En arrivant au congrès, il va falloir qu’il y ait une proposition, il (Jean Charest) ne pourra pas éluder le sujet », prévient-il. 

 

L’avocat, qui était très actif au sein du Parti libéral du Canada à l’époque de la commission Gomery sur les commandites, ne milite pas nécessairement pour une enquête entièrement publique. « Je ne propose pas nécessairement une grosse commission « at large » qui va « splasher » sur tous les murs et le sang va gicler partout, ce qu’on veut, ce sont des résultats », dit-il. 

 

«Assez intelligent»

Le collecteur de fonds reprend toutefois son souffle quand vient le temps de dire ce qui se passerait si jamais Jean Charest refusait d’entendre raison. « M. Charest est assez intelligent pour ne pas refuser de faire quelque chose, il ne peut pas ne rien faire. » 

 

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