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EXCLUSIF | FONCTION PUBLIQUE

Rien ne va plus à la CARRA

Martineau
© Les Archives | Stevens Leblanc La présidente du Syndicat de la fonction publique du Québec, Mme Lucie Martineau.

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La situation est pire que jamais à la Commission administrative des régimes de retraite et d’assurances (CARRA).

Non seulement le nouveau système informatique occasionne des délais pouvant aller jusqu’à deux ans, mais en plus, le personnel est victime de harcèlement et de violence de la part des clients mécontents du service.

Selon ce que Le Journal a appris, la fin des travaux de modernisation des équipements informatiques à la CARRA , qui ont coûté au bas mot 110 millions de dollars au lieu des 30 millions prévus, est loin d’avoir réglé les problèmes de retard dans l’analyse des dossiers.

Le climat de travail a des effets sur le taux de roulement qui bat tous les records dans la fonction publique québécoise. Depuis trois ans, près des deux tiers des employés ont quitté le navire, ce qui témoigne d’un réel malaise.

La CARRA administre une trentaine de régimes de retraite, dont les deux principaux sont le Régime de retraite des employés du gouvernement et des organismes publics et le Régime de retraite du personnel d’encadrement.

La CSST

« Il n’y a plus rien qui va. Nous avons déposé une plainte à la Commission de la santé et de la sécurité du travail (CSST), plainte qui s’est avérée fondée », confirme la présidente du Syndicat de la fonction publique du Québec, Mme Lucie Martineau.

En dépit de la réalisation du projet de renouvellement et d’intégration des systèmes essentiels (RISE), qui a connu des dépassements de coûts considérables depuis 2002, il subsiste toujours 56 000 dossiers non traités, dont 25 000 en inventaire accumulé.

Contestation

Ces chiffres sont contestés par la vice-présidente à l’administration, Michelle Lapointe, qui affirme que 33 000 dossiers ont été fermés depuis le début de 2011. Pourtant, les données obtenues par Le Journal sont celles-là mêmes qui ont été déposées au conseil d’administration, en août.

« Lorsqu’on implante un nouveau système, il y a toujours une période d’adaptation. Dans l’ensemble, ça se passe bien. La satisfaction est en développement », affirme Mme Lapointe.

Plaintes décuplées

De 2007 à 2009, la CARRA recevait environ 300 plaintes par année. Le projet RISE est terminé depuis juin 2010 et, depuis, le nombre de plaintes a littéralement explosé. L’an dernier, 1 432 plaintes ont été formulées à la CARRA, dont 78 % avaient pour motif les délais de traitement. Pour 2011, c’est encore pire. L’organisme avait reçu plus de 2 500 plaintes au début d’octobre. C’est dix fois plus qu’avant l’implantation du nouveau système.

« Il faut des correctifs immédiats. Si l’on met un système en place, c’est pour aider. Dans ce cas-ci, ça ne marche pas. Le transfert d’expertise n’a pas suivi. Tout a été confié à des sous-traitants », dénonce Mme Martineau.

La vice-présidente explique que le roulement du personnel est dû aux départs à la retraite et aux différents objectifs de carrière.

« Il y a des gens pour qui implanter une solution représente un défi intéressant. Une fois le projet terminé, c’est mission accomplie et ils s’en vont ailleurs. Plusieurs employés ont utilisé ça comme tremplin pour obtenir une promotion », explique Mme Lapointe.

La présidente-directrice générale de la CARRA, Mme Jocelyne Dagenais, a refusé notre demande d’entrevue.

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