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Sans-abri en HIVER

Vivre dans le froid

Les itinérants trouvent plusieurs façons pour survivre à la saison hivernale

Vivre dans le froid
Photo le Journal de Montréal, Caroline d’Astous Les sans-abri trouvent différents moyens pour résister au froid, comme « Le Grand », rencontré sur l’avenue Mont-Royal, coin Berri, à Montréal hier.

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Pas évident de rester à l’extérieur lors que le mercure descend sous les - 15 °C. Mais pour les sans-abri qui n’ont nulle part où aller, le froid peut être une bonne affaire, car il mousse la générosité des passants.

« Les gens sont plus généreux quand il fait froid », confirme « Le Grand », un itinérant rencontré à deux pas du métro Mont-Royal, hier.

Comme plusieurs autres sans-abri, « Le Grand » s’est organisé pour résister au froid : manteau, toile de plastique, et boîte de carton, etc. Il faut bien trouver des moyens quand la température descend jusqu’à - 16 °C.

Plus généreux pendant les Fêtes

« Je suis dans la rue depuis deux ans. Je ramassais des bouteilles vides avant. Mais, ça ne me rapportait qu’un peu plus que 12 dollars par jour ... ce n’était pas très payant », dit-il, tout souriant.

Depuis, il se promène dans les rues de Montréal, surtout le jour.

« C’est beaucoup plus payant de demander des sous aux gens dans la rue, surtout que ça ne demande aucun effort », explique-t-il.

« C’est beaucoup plus payant de demander des sous aux gens dans la rue... »
–« Le Grand »

Le temps des Fêtes est également une période de grande générosité dans la population à l’égard des sans-abri, remarque « Le Grand ». « Les gens ont été généreux avec nous avant Noël. C’est moins le cas au mois de janvier », dit-il.

« On n’a reçu de la bouffe et plusieurs cafés de la part des gens avant Noël. Mais, c’est plus difficile d’avoir de l’argent », dénonce François, un sans-abri coin St-Denis, à l’angle Ontario.

Des trucs pour se réchauffer

Les sans-abri ont développé plusieurs trucs pour résister au froid comme s’asseoir sur une boîte de carton, ou encore s’isoler le corps avec un sac de plastique. « On trouve les moyens qu’on peut pour se réchauffer. », précise Le Grand.

Les lieux publics, comme les églises et les cafés sont également des endroits où il est possible de se réchauffer le corps, indique François.

« Je passe 45 minutes dans la rue, et je retourne à l’intérieur une heure », dit-il.

D’autres, par contre, n’hésitent pas à braver la température et rester toute la journée, et même la nuit, dehors. C’est le cas notamment d’un sans-abri, alias Snowman, croisé au coin de la rue St-Denis, coin Saint-Antoine Est.

Confortablement assis sur sa chaise, il passe la nuit dehors. Comme domicile, il a trouvé logis dans une ancienne station-service, fermée. « Je suis un homme de neige, je suis capable de résister au froid », a-t-il lancé au Journal, vraisemblablement heureux de parler à des gens.

Au refuge pour la nuit

Pour la nuit, plusieurs sans-abri trouvent refuge à La Maison du Père.

Lors de la visite du Journal, vers 15 h hier, un peu plus de 140 personnes étaient déjà inscrites sur la liste afin de recevoir un repas et dormir au chaud.

« L’endroit ouvre ses portes à 14 h.

Aujourd’hui, par exemple, les gens attendaient à la porte », explique Marcel Thérien, intervenant.

Les sans-abri doivent avoir quitté le refuge à 8 heures, le lendemain matin.

Les intervenants n’avaient pas encore enregistré de cas d’engelure, hier.

 

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