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Abandonnées à leur sort

Cri du coeur de parents d’enfants handicapés à qui on a coupé les services

Abandonnées à leur sort
Photo Le Journal de Montréal- Pierre-Paul Poulin Manon Sauvé et Raymonde Faubert dénoncent l’arrêt des soins donnés aux personnes lourdement handicapées de 21 ans et plus. Des soins dont leurs garçons, Mathieu Sauvé-Talbot et Rémi-Michel Faubert, bénéficiaient.

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Deux mères, dont les enfants sont lourdement handicapés, dénoncent l’arrêt des services de répit donnés aux personnes de 21 ans et plus. Le changement de vocation des centres de réadaptation en déficience intellectuelle a complètement bouleversé leur vie.

« J’ai quitté mon travail pour m’occuper de mon fils, Rémi-Michel, atteint du syndrome de Down et présentant une déficience intellectuelle moyenne. Je ne sais même pas comment je vais faire financièrement dans les prochains mois », déplore Raymonde Faubert. Même son de cloche de la part de Manon Sauvé qui redoute également ces changements. « J’ai donné une partie de ma vie à mon fils, Mathieu. Vous ne croyez pas que je mériterais un répit et une liberté d’esprit, car prendre soin d’un deuxième corps, c’est très dur », dit-elle, inquiète quant à l’avenir qui se dessine. Son garçon est atteint de paralysie cérébrale.

Informées qu’elles ne recevraient plus de services de jour, dont du répit, pour leurs enfants, ces deux mères ont décidé de se battre.

« Nous, les parents, avons besoin de ces services, car nos vies en dépendent. Chaque jour est de plus en plus dur pour notre corps et pour notre esprit », écrit Mme Sauvé dans un témoignage adressé au Centre de réadaptation en déficience intellectuelle de Longueuil (CRDI).

Fin du service ?

C’est en avril qu’elles ont été informées que leurs garçons ne bénéficieraient plus de services du CRDI.

Un changement de vocation survenu dans l’offre de services serait à l’origine de ce changement.

« On nous a demandé de nous concentrer sur les personnes du volet réadaptation. Ce qui exclut désormais les clientèles qui ont atteint le maximum de potentiel de développement », explique Brigitte Bédard, conseillère aux communications à la Fédération québécoise des centres de réadaptation en déficience intellectuelle et en troubles envahissants du développement.

Selon Mme Bédard, c’est maintenant de la responsabilité des centres de santé et de services sociaux d’offrir des soins et services pour cette clientèle.

Manque de financement

La directrice générale de l’Association québécoise d'établissements de santé et de services sociaux (AQESSS), Lise Denis, admet qu’il se peut que cette clientèle soit tombée « entre deux chaises ».

« Il y a eu un gros changement, sans qu’il y ait pour autant de l’argent injecté dans ces services », dit-elle.

La hausse constante des personnes diagnostiquées avec des troubles envahissants du développement (TED) complique aussi l’attribution des services.

« Le budget pour ces deux clientèles est le même. Et la croissance des TED reste constante », déclare Mme Denis, indiquant qu’une part importante des budgets des centres de santé et de services sociaux (CSSS) y est désormais attribuée.

Pour Florent Tanlet, l’attaché politique de la ministre déléguée aux Services sociaux, Dominique Vien, il n’y a pas de raison actuellement pour que cette clientèle ne bénéficie pas de service.

« Il peut y avoir des changements dans l’organisation. Mais on a bien avisé les différents responsables pour qu’ils s’assurent qu’il n’y a pas de vide de service », explique Florent Tanlet, indiquant que des montants importants ont été injectés au fil des années par le gouvernement.

Un peu plus de 5000 personnes ont déjà signé une pétition mise en ligne sur le site Internet de l’Assemblée nationale.

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