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Francine Ouellette – En 1837, j’avais 17 ans

L’époque des Patriotes décortiquée

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Avec une volonté d’aller au fond des choses, l’écrivaine Francine Ouellette a fouillé l’époque des Patriotes de fond en comble pour en faire un portrait historique détaillé, fascinant et plein d’humanité, dans le quatrième tome de la saga Feu, En 1837, j’avais 17 ans.

Écrivaine patiente et minutieuse, Francine Ouellette a consacré dix ans à la recherche et l’élaboration de cette importante saga, soucieuse de trouver tous les éléments nécessaires pour mener à bien son projet.

«Les trois premiers volets se déroulent sous le Régime français et on finit avec la conquête. Dans celui-là, j’aborde le régime anglais, avec la Rébellion. Ça a été un mouvement très important pour notre histoire et ce qu’on est devenu résulte beaucoup de l’échec de la Rébellion. On a été tellement écrasés que ça a pris jusqu’à la Révolution tranquille pour se relever», observe la romancière, en entrevue.

Francine Ouellette est allée de surprises en surprises pendant ses recherches. Elle a d’ailleurs retenu les services d’un jeune historien pour s’assurer de la précision et de la justesse des faits rapportés dans le roman. «J’ai étudié les journaux de l’époque et toutes les correspondances des contemporains - les évêques qui s’écrivaient entre eux, Papineau, Ludger Duvernay - pour essayer de comprendre comment ça s’est passé. Parce que c’est ça qui m’intéresse dans l’histoire. Pourquoi ça s’est passé et comment ça a évolué.»

De jeunes Patriotes

Loin d’être aride, le roman raconte l’époque par le biais de personnages crédibles, attachants, construits avec attention et souci du détail et recrée l’ambiance de l’époque avec brio. Pour créer son héros, Francine Ouellette s’est d’ailleurs inspirée d’un personnage réel. «Ce qui m’a beaucoup surpris, c’est l’âge des Patriotes. Dans mon idée préconçue, c’était des gens entre 50 et 60 ans, si on se fie à l’illustration très connue du monsieur avec sa pipe. Mais l’âge moyen des Patriotes, c’était 25 ans. Dans la liste de ceux qui ont combattu à Saint-Eustache, il y avait un garçon de 17 ans. C’était des jeunes. Ils avaient beaucoup de ferveur. Ils voulaient un monde meilleur, de la justice, de l’égalité. Ce qu’ils recherchaient, c’était la démocratie.»

Elle a donc fait de ce jeune Patriote son personnage principal – Guillaume Vaillant. Quand l’histoire commence, il a cinq ans. «Comment c’était de vivre sur une seigneurie? On apprend à travers lui, en même temps que lui, comment on est arrivé à la rébellion de 1837», note l’écrivaine. Elle a choisi d’en faire un jeune homme éduqué, animé par un désir de modernité et dévoré par une passion impossible.

Saint-Eustache

Saint-Eustache a occupé une place d’une grande importance dans cette période historique. «Saint-Eustache, ça a été l’endroit où les Patriotes ont payé le plus lourd tribut. Et malheureusement, on n’en parle pas beaucoup lorsqu’on aborde les Patriotes. C’est toujours Saint-Denis et Saint-Charles. Pourquoi? La réplique de l’autorité anglaise a été tellement foudroyante... Ce n’est pas croyable, tous les morts, toutes les destructions qu’il y a eus. Ils ont incendié la moitié du village et le village de Saint-Benoît, qui n’avait même pas pris les armes. Il y eu du vandalisme, des femmes violées, des vols. Ils jetaient les gens dehors en plein hiver et incendiaient leur maison. Ces gens ont payé un lourd tribut et on en parle si peu que moi, j’ai décidé d’en parler.»

Francine Ouellette considère que ce roman lui a apporté énormément, même s’il lui a demandé de s’investir beaucoup. «Émotivement, parfois, j’ai de la misère à me remettre des passages qui sont trop durs. Je l’écris et ça me transforme, veux, veux pas. Écrire, c’est faire un voyage dans l’âme de mes personnages, autant dans celle du petit Guillaume que dans celle de son frère, de son père, de l’Amérindien. Ça m’enrichit et ça m’en apprend beaucoup sur l’être humain.»

Francine Ouellette rencontrera les visiteurs du Salon international du livre de Québec, qui se tiendra du 11 au 15 avril 2012.

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