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« Iphigénie en auto »

Tragédie cruelle

iphigenie
Photo Daniel Mallard √ De facture très actuelle, Iphigénie en auto puise dans la mythologie grecque. La pièce requiert les services de sept comédiens.

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Tout n'est pas noir ou blanc, la vie n'est pas si simple. Surtout quand la tragédie s'en mêle, et ce, peu importe le contexte ou même l'époque.

Pour tenter de le démontrer, Iphigénie en auto puise à la fois dans la mythologie grecque, plus précisément dans le mythe d'Oreste qui tue sa mère pour venger son père Agamemnon, et dans l'actualité récente, en s'inspirant d'un fait divers qui avait fait couler beaucoup d'encre.

Tous se souviendront de ce bébé retrouvé mort après avoir été malencontreusement oublié dans une voiture par son père, lors d’une journée torride. C'est le sort que connaîtra la petite Iphigénie, arrivée depuis peu dans la famille au bout d'une grossesse difficile. Hautement dramatique, la mort de la petite provoque évidemment un drame incommensurable. S'il est difficile à sept ans de mesurer l'ampleur de la tragédie, les jumeaux Électre et Oreste réalisent assez rapidement que leur mère n'est plus la même. Quand leur père Agamemnon quitte la maison, ils prennent conscience petit à petit que plus rien ne sera jamais pareil et toute leur vie en sera marquée.

Écrite et mise en scène par Maxime Robin, Iphigénie en auto repose sur une proposition intéressante et audacieuse. D'autant plus que la scénographie apparaît minimaliste avec ses quelques caisses de plastique, ses petites voitures et un tapis sur lequel figurent des rues un peu comme dans un jeu d'échelle.

Comédiens crédibles

Évidemment, les faits sont évoqués plutôt que représentés. Il n'en faut pas plus pour faire ressortir le côté dramatique de la situation. L'idée d'écrire les prénoms grecs des personnages sur leurs vêtements est simple et originale. Les comédiens sont bien dirigés et parfaitement crédibles. Nicolas Létourneau est particulièrement touchant dans le rôle du père, tout comme Catherine Hugues, dans celui de la mère, et Lucien Ratio, dans celui d'Oreste.

La portion contemporaine de la pièce passe très bien même si elle accuse quelques longueurs et gagnerait à être resserrée. La partie mythologique de la pièce, évoquée uniquement par le texte, passe beaucoup plus difficilement. On a peine à comprendre le lien entre les deux époques.

Tout est récité trop rapidement et trop bruyamment. Il aurait peut-être mieux valu exposer clairement le mythe d'Oreste au début et poursuivre avec la portion contemporaine, quitte à faire un simple retour en finale.

Néanmoins, Iphigénie en auto fait preuve d'imagination et de talent, tant sur le plan de la conception que du jeu des comédiens. La pièce est présentée au Théâtre Premier Acte jusqu'au 10 mars.

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