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CHSLD

Dégoûtée par la nourriture

Une résidente d’un centre d’hébergement n’accepte de manger que du gruau et des œufs

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Refusant de manger la nourriture qu’on lui sert parce qu’elle « n’est pas bonne », une résidente d’un CHSLD a perdu 42 livres en un peu plus d’un an.

« J’ai faim, mais je ne veux pas manger ça », affirme doucement Noëlla Portelance, 74 ans. Ce n’est pas bon. »

Résidente depuis trois ans au centre d’hébergement Jean-De La Lande, à Montréal, la dame a perdu 42 livres depuis un peu plus d’un an. Dégoûtée par la nourriture qu’on lui sert, elle n’accepte de manger que du gruau et des œufs.

« Ça n’a pas de bon sens, s’insurge Lise Thériault, qui prend soin de Noëlla Portelance. Ils disent simplement qu’elle est responsable et que c’est sa décision. Mais la nourriture lui lève le cœur ! »

« Manger ce qu’on aime »

Dysphagique depuis plusieurs mois, Noëlla Portelance ne peut pas avaler d’aliments solides. Afin de varier son menu, Lise Thériault a demandé à plusieurs reprises qu’on lui serve du germe de blé.

« Ça ferait au moins changement du gruau, explique-t-elle. Mais on me répond qu’il n’y en a pas. Qu’ils aillent en acheter ! C’est important de manger ce qu’on aime. »

À ce sujet, la direction du centre indique que le germe de blé n’est pas assez populaire auprès des résidents pour en servir.

Selon Lise Thériault, Noëlla Portelance mangerait davantage si on lui servait de bons repas, comme du poisson ou divers fruits frais.

« J’ai cuisiné de la dinde à Noël avec des patates, et elle a tout mangé son assiette, raconte Lise Thériault. Mais c’étaient de vraies patates, pas un mélange en poudre. »

Fini le restaurant

D’ailleurs, Mme Portelance maigrit depuis le décès de son mari, en 2010.

« Avant de mourir, il lui apportait toujours des repas, dit Lise Thériault. Mais depuis son décès, elle ne mange plus. C’est abominable qu’elle paie 1 700 $ par mois et qu’elle ne puisse pas manger convenablement. »

Son médecin confirme aussi que la perte de poids de Mme Portelance est due au fait qu’elle refuse de manger.

« Depuis qu’elle est ici, son alimentation a toujours été déficiente, parce qu’elle n’aime pas la nourriture, dit le Dr Mahdavian. Toutefois, sa vie n’est pas en danger parce qu’elle reçoit le minimum nécessaire. »

Selon Abdelouahed Khalil, chercheur affilié à l’Institut universitaire de gériatrie de Sherbrooke, beaucoup de personnes âgées souffrent de malnutrition.

« Il y a beaucoup de problèmes, mais par manque de temps ou pour des raisons économiques, on leur consacre peu de temps. Donc, plusieurs perdent du poids. »

« Elle aimerait mieux mourir »

Pour Lise Thériault, cette situation est aberrante.

« Le pire, c’est qu’ils sont nombreux à subir le même sort, rage-t-elle. C’est grave. Elle aimerait mieux mourir que de manger ce qu’on lui sert. »

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