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Gauthier devra être un bon vendeur

Cette année, c’est toute la maison qui craque

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Zurich, Suisse | La saison 2011-2012 du Canadien est un véritable fiasco et le ­propriétaire Geoff Molson aura une grosse décision à prendre au ­printemps. Doit-il encore faire confiance à Pierre Gauthier à titre de directeur général ?

J’ai beau « coacher » en Suisse, je suis tout à fait au courant de ce qui se dit et s’écrit à Montréal sur le compte de Gauthier et je ne peux m’empêcher d’être d’accord avec les gens qui critiquent vertement son travail. Comment pourrait-il en être autrement ?

Le Canadien occupe le dernier rang du classement dans l’Association de l’Est et ça ne va guère mieux pour l’équipe-école à ­Hamilton, dans la Ligue américaine.

Soit dit en passant, j’estime que Louis ­Leblanc, rappelé hier par le Tricolore, gagnerait à terminer la saison avec le grand club plutôt que de faire la ­navette entre la Ligue nationale et la Ligue américaine. Il ­acquerrait ainsi une précieuse expérience avec le Canadien, qui n’a plus rien à gagner.

S’il veut conserver son poste, Gauthier aura la plus grosse « job » de vendeur à faire depuis le début de sa carrière comme dirigeant d’une équipe de hockey.

Il devra mettre son plus beau complet et enfiler ses plus beaux souliers quand il se présentera dans le bureau de Geoff Molson pour présenter son bilan.

Je lui souhaite bonne chance. Sa liste d’épicerie ne sera pas bien attrayante.

Comment pourra-t-il convaincre Molson de croire en son projet de reconstruction ? Les plans et devis qu’il déposera sur le ­bureau du propriétaire sont mieux d’être bons.

Cette année, c’est toute la maison qui craque

Rétablir le lien de confiance

Si l’an dernier, le toit coulait, pour ­reprendre une expression chère à Gauthier, et qu’il fallait le refaire cette année, c’est toute la maison qui craque.

Pourtant, du bardeau d’asphalte, il me semble que c’est censé durer 25 ans...

Force est d’admettre que les congédiements de Perry Pearn et de Jacques Martin ont été inutiles.

L’embauche de Randy Cunneyworth, un unilingue anglophone, a soulevé une ­controverse dont le Canadien n’avait ­vraiment pas besoin.

Pour gagner, une équipe doit miser sur de solides dirigeants qui inspirent la confiance. Les joueurs ont besoin de croire en ceux qui les dirigent.

Quel message la direction du Canadien lance-t-elle présentement à ses joueurs ? Ils doivent se demander sérieusement dans quelle direction s’en va l’équipe.

C’est toute une commande qui attend ­Gauthier afin de rétablir le lien de confiance entre lui et ses joueurs, de même qu’avec les partisans qui sont échaudés par les déboires de l’équipe.

Surtout quand ils voient les prouesses de Jaroslav Halak, qui risque de mener les Blues de Saint Louis bien loin dans les ­prochaines séries...

Deux boulets

Le Canadien, sous la direction de ­Gauthier et de Bob Gainey, a commis des bourdes impardonnables ces dernières ­années.

Non seulement l’organisation est-elle « pognée » avec Scott Gomez, voilà qu’elle se retrouve avec le lourd salaire de plus de ­quatre millions de dollars qu’il faudra verser à Tomas Kaberle au cours des deux ­prochaines saisons.

Ce vétéran défenseur a beau amasser un bon nombre de points depuis son arrivée à Montréal, il n’a pas réussi sa mission de ­relancer l’attaque massive. De plus, il est ­erratique dans sa zone.

Kaberle n’a pas eu d’impact avec les Bruins de Boston tandis que les Hurricanes de la ­Caroline étaient soulagés de s’en être rapidement débarrassés au cours de l’hiver. Leur ­directeur général, Jim Rutherford, ne s’était d’ailleurs pas gêné pour le dire ouvertement après avoir annoncé la transaction.

N’aurait-il pas mieux valu de garder ­Jaroslav Spacek à Montréal, lui qui écoulait la dernière année de son contrat ?

Je crois que oui. Le Canadien aurait ainsi disposé d’une plus grande marge de manœuvre l’été prochain.

Le cas Kostitsyn

Je n’ai pas compris non plus l’attitude du Canadien à l’endroit d’Andrei Kostitsyn. On ne le faisait pas beaucoup jouer lors du dernier mois qu’il a passé à Montréal et le gros ailier était pourtant sur le marché des transactions.

Quand on veut se départir des services d’un joueur, on s’arrange pour le rendre ­attrayant aux yeux des autres équipes, il me semble. On colle un gros chou rouge sur le dessus de son casque et on l’utilise à profusion, notamment lors des attaques massives.

Ça n’a pas été le cas avec Kostitsyn et le ­Canadien n’a pas obtenu grand-chose en échange de ses services, soit un choix de deuxième ronde au repêchage.

Le CH a aussi mal géré le dossier d’Andrei Markov en lui accordant un long et riche contrat en juin dernier. On aurait dû ­redoubler de prudence avec ce vétéran ­défenseur aux genoux fragiles.

Vraiment, la situation n’est pas rose chez le Canadien et je suis bien curieux de voir comment Geoff Molson s’y prendra pour parvenir à redresser la barre.


 

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