/news/politics
Navigation
Syndicaliste

Décès de Madeleine Parent

Madeleine Parent
Photo Agence QMI / Archives Madeleine Parent

Coup d'oeil sur cet article

La syndicaliste et féministe Madeleine Parent est décédée à l'âge de 93 ans, dans la nuit de lundi, à Montréal.

Mme Parent est décédée au centre hospitalier de soins de longue durée Reine-Elizabeth, des suites du Parkinson, une maladie qui l'affligeait depuis déjà quelques années.

Le Parti libéral, le Parti québécois, Québec solidaire, le Nouveau parti démocratique, la CSN, la FTQ et la Fédération des femmes du Québec (FFQ) lui ont notamment rendu hommage lundi.

«Une grande dame vient de nous quitter, a déclaré la ministre du Travail, Lise Thériault. Le Québec se souviendra d'elle non seulement comme syndicaliste, mais aussi comme réformatrice et humaniste. Ce sont toutes les Québécoises qui sont en deuil avec la disparition d'une femme qui aura consacré une grande partie de sa vie à défendre leurs droits.»

«Le Québec perd aujourd'hui une femme exceptionnelle qui, par son implication, sa combativité et sa soif de justice sociale, aura travaillé et milité toute sa vie pour contrer les inégalités sociales», a pour sa part déclaré la chef du Parti québécois, Pauline Marois.

Née en 1918 à Montréal, Madeleine Parent s'est fait surtout connaitre pour son travail à la tête du mouvement de syndicalisation des usines de Dominium Textile, à Valleyfield et à Montréal, dans les années 1940. La syndicalisation des 6000 ouvriers du coton en 1946 constitue une de ses grandes victoires.

En raison de son engagement envers les travailleurs, elle a été la cible du premier ministre québécois Maurice Duplessis qui l'accusait d'être communiste. Elle a d'ailleurs été arrêtée à cinq reprises et condamnée en 1948 pour conspiration séditieuse.

«Malgré les peines d'emprisonnement prononcées contre elle, elle a poursuivi avec aplomb son travail syndical, a déclaré Louis Roy, président de la CSN. Nous lui devons une contribution majeure au développement du syndicalisme et de la société québécoise.»

Durant ses études à l'Université McGill, elle s'était engagée au sein de la «Canadian Students Assembly» pour que les jeunes issus de milieux défavorisés puissent obtenir des bourses d'études.

Dans les années 1950, Madeleine Parent a fait partie des fondateurs du Conseil des syndicats canadiens, afin de créer des syndicats locaux, sans liens avec des syndicats américains, très présents à l'époque au Québec.

Madeleine Parent a pris sa retraite du mouvement syndical en 1983. Elle a toutefois poursuivi son engagement dans divers comité et événements, notamment pour la Marche des femmes contre la pauvreté en 1995.

«L'influence de Madeleine Parent sur le mouvement féministe québécois est immense, a souligné la présidente de la FFQ, Alexa Conradi. La Fédération des femmes du Québec est l'une des grandes héritières de sa vision inclusive. Elle a constamment cherché à créer des ponts entre les femmes de milieux et d'origines différents. Nous lui en sommes profondément reconnaissantes.»

 

Commentaires