/opinion
Navigation

Grève étudiante 2.0

Coup d'oeil sur cet article

Cela fait maintenant plus de deux semaines que nos étudiants sont dans la rue. La confrontation ne semble pas vouloir s’estomper, les deux parties demeurent aussi solidement campées sur leur position que le pape l’est à propos de l’avortement, la prêtrise des femmes, le mariage gai, la contraception... ou l’ensemble de ces réponses.

En fait, les étudiants perçoivent la ministre Line Beauchamp comme une zélote orthodoxe du dégel, plus papesse que le pape. De son côté, le gouvernement accuse les étudiants de ne pas voir la réalité en face, mais plutôt à travers l’écran de leur dispendieux iPhone, un double mochaccino à la main.

Vous me connaissez, toujours prêt à aider la veuve et l’orphelin... surtout si la veuve est une jeune universitaire avec un seul petit carré rouge pour se vêtir. Afin de vous démontrer mon appui, chères étudiantes (dans ce cas-ci, le féminin l’emporte sur le masculin), voici la stratégie à deux volets que je vous suggère.

Volet 1 : c’est bien beau les manifestations, mais après deux semaines de rues bloquées, vous commencez à vous mettre la population à dos. Si vous voulez vraiment faire un coup d’éclat, faites-en un vrai ! Ne bloquez pas uniquement l’accès nord du pont Jacques-Cartier, mais tous les ponts de l’île. Si un perdu de Fathers for Justice est capable de bloquer un pont à lui seul, au nombre que vous êtes, cela devrait être facile. Les étudiants en génie civil sont capables de construire des ponts, alors ils devraient être en mesure d’en bloquer. D’ailleurs, joignez l’utile à l’agréable, et profitez de l’absence de circulation pour faire des inspections complètes.

Vous devriez également varier vos moyens de protestation. Au lieu d’occuper les rues, occupez vos classes. Retournez sur les bancs d’école et restez-y en permanence. Après trois jours de sit-in sans douche, à se laver les aisselles avec le papier brun des toilettes, ce sont les professeurs qui courront bloquer les rues.

Autre stratégie innovatrice : retournez en classe, mais rendu aux examens, répondez n’importe quoi. Le gouvernement n’aura d’autre choix que de céder. Il ne peut se permettre de perdre une génération complète d’ingénieurs, de médecins, d’enseignants, etc. D’autant plus qu’avec tout ce monde qui écrirait n’importe quoi, le métier de chroniqueur humoristique deviendrait trop compétitif à mon goût.

Volet 2 : en négociation, c’est toujours donnant-donnant. Je parle par expérience. À la maison par exemple, je donne... et je donne. Comme vous ne pouvez pas donner plus d’argent, en échange d’un gel des frais de scolarité, donnez une semaine par session de votre temps dans votre domaine d’étude. Par exemple, ça va peut-être vous permettre de découvrir la raison pour laquelle les comptables s’habillent en brun.

Le gouvernement doit faire sa part :

L’apport de cette main-d’œuvre bénévole permettra sûrement au gouvernement d’atteindre les 265 millions que lui procurerait un dégel. Il y a sûrement encore du gras à couper. Je suggère que le ministre de la Santé donne l’exemple et se déplace à vélo (une limousine et chauffeurs de moins), le ministre des Transports, en autobus ! On pourrait également mettre quelques ministres à pied... littéralement (on récupérerait non seulement le salaire des chauffeurs, mais celui des ministres également !)

On justifie souvent le dégel des frais de scolarité en comparant les frais faramineux exigés par les universités américaines. Mais à 40 000 $ et plus par année, trop souvent ce ne sont que les riches qui ont accès à une éducation supérieure. Mais qui veut-on comme élite à l’avenir, ceux qui sont riches ou ceux qui sont intelligents ?

Commentaires