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Dicté par la visite

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Encore une fois, nous sommes confrontés à nous-mêmes. On croit souvent que ce sont les autres qui s’imposent, mais c’est peut-être bien davantage nous qui n’avons pas encore entièrement assumé la laïcité que nous avons souhaitée et comblé le vide qu’ont provoqué nos choix sociétaux en matière de religion.

Cette fois-ci, c’est le principe d’abattage halal qui est au centre de la discussion. Le monde de l’industrie alimentaire a été approché par la communauté musulmane d’ici et a accepté de répondre à ses exigences qui commandent que les viandes qu’elle consomme soient abattues selon le rite islamique.

Ce marché représente chez nous des millions de dollars, mais des milliards à travers le monde. Il s’agit purement d’une activité commerciale voilée derrière des croyances religieuses.

SUR L’ÉTIQUETTE

De façon générale, la société québécoise accorde peu ou pas d’importance au mode d’abattage des animaux aux fins de consommation, si ce n’est la qualité et la sécurité pour notre santé. Pour plusieurs, il importe peu de savoir comment la bête est mise à mort.

Par contre, il semble que les Québécois voudraient à tout le moins pouvoir avoir les renseignements leur permettant de faire un libre choix. Or, il n’existe aucune réglementation concernant l’étiquetage halal ou casher.

LE GOÛT DE L’EXCEPTION

Il y a aussi un autre problème qui prend de plus en plus place, tant dans les garderies publiques subventionnées − donc, par définition, laïques− que dans nos hôpitaux, nos CHSLD et dans combien d’autres établissements publics où la cuisine halale ou cashère ont carrément été institutionnalisées. En termes clairs, on y retrouve une nourriture uniformisée à nos frais sur la base de motifs religieux, servie à la majorité selon les vœux de la minorité.

Sommes-nous en train d’abdiquer ? Est-ce là la démonstration que nous revenons à la case départ, c’est-à-dire à des accommodements « raisonnables », pour ne pas dire à la démission des principes pour lesquels nous avons tant revendiqué ?

Pour ceux qui seraient tentés de l’oublier, nous avons décrété que nous vivons dans une société laïque qui respecte la vie privée et la liberté de religion, mais qui maintient ses choix collectifs et honore son histoire et sa culture.

UN CHOIX PERSONNEL

Je veux bien que nous soyons une société d’accueil ouverte aux autres et à la diversité, mais j’aimerais aussi que ceux qui viennent ici ne tentent pas par prosélytisme et conviction religieuse d’occuper l’espace public en voulant le mettre à l’image de leurs croyances divines. Oui à votre foi dans les temples et dans vos maisons, mais pas dans l’espace public ni dans nos institutions !

Quant à ceux qui ne partagent pas la même foi ou qui n’en ont aucune, il faudra un jour manifester davantage votre vigilance, sans quoi non seulement vous trouverez que le monde change et qu’il est difficile de vous y adapter, mais il ne sera plus la société dans laquelle vous aviez choisi de vivre.

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