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Protéger les droits des criminels

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«Child porn is not porn, it's a crime scene».

Oui, je sais, vous allez peut-être me répondre que le cri de guerre d’une juste cause peut être gâché par son auteur; ici l’ultra religieux Brian Rushfeldt, ses combats désordonnés contre le darwinisme, son dégoût nauséabond envers les homosexuels...

Cependant, ce qui m’énerve le plus dans ce vote de la loi C-10 par les conservateurs, c’est la quasi-unanimité de nos bons politiciens pour protéger les droits des criminels. Une fois de plus, la place de la défense des malfaiteurs dépasse celle des droits des victimes. Une fois de plus, on crie et on pleure sur nos pauvres pervers et, en face, s’étend l’omertà sur nos petits martyrisés. Cela devient la culture de nos élites bloquées dans la défense des droits, jamais dans celui des devoirs de notre société envers les faibles et les opprimés.

Fournier en croisade

Voilà que le ministre Fournier s’offre une croisade et s’inquiète du cas des jeunes contrevenants. Il demande aux procureurs provinciaux de s’assurer que ces pauvres petits ne seront pas punis trop sévèrement. Il faut les protéger! Dans l’idée qu’ils sont eux aussi victimes de notre société, notre faute... Bientôt nous devrions payer aussi pour eux?

Les autres hurlent en comptant les sous qu’il faudra dépenser pour l’application de la nouvelle loi, ses prisons et ses fonctionnaires, ses peines plus fortes allongeant encore cette «nuitée» comptabilisée comme charge pour les Canadiens quand un criminel est condamné: «tu vas prendre 10 ans» se transforme dans la bouche de nos politiciens «tu vas me coûter 3650 nuitées...».

Mais voilà, toujours rien sur les victimes, ou seulement une misère. Et aucune voix, à part celle du sénateur Pierre-Hugues Boisvenu pour seulement même chuchoter que les petites victimes sont une fois de plus oubliées, personne pour dénoncer le vrai scandale des conservateurs, celui sur les peines minimales des crimes à caractères sexuels qui ont à peine augmenté.

Comment ne pas s’insurger quand la peine minimale de l’ancienne loi C-54 pour le viol d’un enfant n’était que de 90 jours à comparer du 15 ans des États-Unis, pour passer avec la loi C-10 à six petits mois et un beau 90 jours pour de la distribution de pornographie ?

Dernier de classe

Pourtant, le Canada est l’un des pires de la classe des états civilisés. N’oublions pas que notre pays est le troisième producteur de films avec des enfants victimes d’agressions sexuelles. Dans 30 % de ces films, les enfants sont âgés de 0 à 6 ans. Dans 37 % des cas, les producteurs sont des membres de la famille des enfants exploités. L'organisation Child Nation basée à Calgary et sa division francophone Protégeons nos Enfants font pression depuis 10 ans auprès du gouvernement fédéral pour une réforme des peines liées à la pornographie juvénile. Ils ont d’ailleurs remis une pétition incluant plus de 40 000 signatures de la province de Québec dont la majorité fut signée par les citoyens de la capitale nationale.

Revenons au personnage du début, le controversé lobbyiste du groupe de pression ultrareligieux Canada Family Action Coalition (CFAC). Le 23 avril, son site www.stoppedophile.ca sera en ligne. Nous pourrons, par province, identifier des pédophiles, voir leur photo, leur nom et les charges portées contre eux.

Une réplique cinglante à ce sentiment d’abandon des petites victimes oubliées.

 

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