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Crash d’Aveos : 2 000 victimes

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Il y a 10 jours à peine, le gouvernement canadien intervenait pour empêcher que les forces en présence se manifestent dans le conflit de travail chez Air Canada. On a référé le dossier au Conseil des relations industrielles et une loi spéciale interdisant aux travailleurs de faire la grève et à la partie patronale de décréter un lock-out a été promulguée.

Le Fédéral a justifié son intervention sur le fait que, bien qu’Air Canada soit une entreprise privée, l’aviation civile et commerciale au pays est d’une importance économique capitale.

La fermeture sauvage d’Aveos annoncée mardi entraîne 1 800 pertes d’emploi à Montréal-Est. Un dur coup pour l’économie, pour l’avenir des travailleurs et leur famille.

Mais lorsqu’on interpelle le ministre des Transports, de l’Infrastructure et des Collectivités et ministre de l’Agence de développement économique du Canada pour les régions du Québec, l’honorable Denis Lebel, sa seule réponse est un laconique communiqué dans lequel on peut lire :

« Nous sommes toujours préoccupés quand des Canadiens perdent leur emploi. Cependant, il s’agit d’une décision d’affaires prise par une entreprise privée. »

Monsieur Lebel, à voir la longueur de votre titre, il doit bien y avoir quelque part là-dedans un tout petit élément qui justifierait que vous preniez vos responsabilités et interveniez ! La santé économique d’une collectivité, ça vous dit quelque chose ?

Et la sécurité nationale de la population doit certainement être une question qui sort de la vision réductrice de votre déclaration basée exclusivement sur le caractère privé de l’affaire.

DES DOUTES

En plus d’être une réponse nettement insuffisante, cette réaction de deux poids, deux mesures, ouvre la porte à toutes sortes de spéculations.

Le gouvernement savait-il qu’Air Canada – actionnaire d’Aveos à la hauteur de 27 % – pourrait être derrière cette décision ?

Les difficultés du monde de l’aviation civile entraînent-elles la fermeture d’Aveos du fait des coûts d’opération plus élevés en ce pays qu’ailleurs dans le monde ?

Au moment où Air Canada a confié à un sous-traitant l’entretien mécanique de ses appareils, la compagnie avait pris certains engagements envers ses travailleurs quant au maintien chez nous des ateliers mécaniques. Qu’en est-il aujourd’hui ?

UNE TROMPERIE ?

Les dirigeants de l’entreprise ont certainement quelque chose à se reprocher ! On n’agit pas ainsi lorsque la fermeture d’une entreprise devient honnêtement incontournable.

Nous sommes en droit de soupçonner ici une magouille potentielle dont Aveos ne veut surtout pas faire état et pour laquelle de nombreuses questions demeurent sans réponse.

Le gouvernement du Québec se dit inquiet, Montréal s’attriste, Ottawa s’en fiche ! Nous sommes ballottés entre l’indifférence et l’impuissance.

JOUR J

Si toutes les raisons sont bonnes pour manifester aujourd’hui, aucune ne sera jamais assez sérieuse pour justifier des gestes de violence.

Un avenir à crédit

Le budget Bachand manifeste le peu de marge de manœuvre dont dispose le gouvernement actuel. En fait, la situation serait la même pour n’importe quel parti au pouvoir. On ne parle pas ici d’allégeance politique, mais d’économie. Nous arrivons au bout de la route les poches vides.

L’endettement de l’État ajouté aux dettes des autres instances, comme les municipalités, les universités et autres, totalisent 245 milliards de dollars. Mais concentrons-nous sur la seule dette de 184 milliards de la province qui plombe les capacités de l’État à remplir ses obligations et à livrer les services. C’est déjà bien assez...

Trop !

Nous n’avons plus les moyens de nos ambitions. Il faut cesser de croire que parce que ça vient du service public c’est gratuit. Quand et comment allons-nous collectivement comprendre, mais surtout accepter que nous sommes asphyxiés par notre taux d’endettement et le prix des services ?

La solution

Ce que nous propose le budget du gouvernement, c’est de croire au Plan Nord comme une source de revenus nous permettant de pouvoir maintenir notre train de vie en Santé et en Éducation. Tout un acte de foi pour une société dite laïque ! Dites-moi comment la solution pourrait provenir de l’avenir alors qu’il a toujours été de tradition politique de pelleter nos problèmes en avant pour mieux grossir le tas de la dette.

Abus de confiance

Ça fait des années que les politiciens omettent sciemment de prévoir pour mieux promettre.

L’agenda politique y trouve son intérêt à court terme, mais tous ces engagements et ces belles paroles nous coûtent une fortune et hypothèquent les générations futures.

Ce sont des gestes irresponsables s’apparentant à de l’abus de confiance envers les citoyens.

Courage !

Il est temps que le courage redevienne une vertu. La vérité a son prix politique, mais elle a l’avantage de ne rien laisser à la pensée magique, aux faux espoirs et à l’endettement.

Vivre modestement selon nos moyens vaut mieux que d’agoniser à crédit.


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