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Une preuve de maturité

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La commission parlementaire spéciale faisant suite à la consultation concernant les soins de fin de vie et le choix de mourir dans la dignité a rendu ses conclusions ; 24 recommandations dont la principale ouvre la porte au suicide assisté.

Or il ne s’agit pas d’une grande porte tournante. Faudra plus qu’une simple demande. La procédure sera stricte, le cadre bien défini balisé par des paramètres très clairs. 

AVANCÉE

Le sujet était sensible et délicat, voire tabou. Certainement difficile aussi. Mais tous ceux et celles qui ont réfléchi à la question l’ont fait avec honnêteté, ouverture d’esprit et respect.

Une société qui se penche sur un tel sujet fait preuve d’une grande maturité et de compassion envers ses membres. Juste sur ce point, nous venons de franchir un pas important dont il faut se féliciter.

La difficulté majeure était de présenter des conclusions qui n’imposent rien à personne et laissent à chacun le libre choix. Tout un défi, qui semble avoir été relevé.

LIBRE CHOIX

Il n’y a pas si longtemps, dans le Québec croyant et traditionnel, tous les questionnements trouvaient réponse dans le carcan de la religion, faisant de ceux qui pensaient ou agissaient autrement des gens qui n’avaient tout simplement rien

compris ! Petit comme raisonnement.

Heureusement, nous avons réussi à nous sortir de ce moule. Cela a pour effet cependant que nous devons maintenant trouver ensemble nos réponses au lieu de nous plier à des diktats religieux sans devoir réfléchir.

GUIDÉ PAR LA MORALE

Le jugement moral de chacun demeure l’élément central d’une décision aussi importante. Ce qui aujourd’hui est en voie de disparition, c’est la culpabilité civile et collective qui entourait ce tabou. 

Nous avons dorénavant la liberté de demander et de pouvoir être entendus, écoutés et respectés dans notre choix.

VIVRE DANS LA DIGNITÉ 

À partir d’aujourd’hui, certains opteront pour une mort assistée, d’autres pas. Nous devons aussi prendre nos responsabilités envers ces personnes. Il nous faudra mieux répondre à leurs besoins.

Les soins de fin de vie, les traitements palliatifs ne sont pas à leur pleine mesure au Québec. Les spécialistes en ce domaine confirment qu’il existe des soins de confort et de soulagement encore beaucoup plus développés que ceux qui sont disponibles actuellement.

À quand une tournée de consultation et pourquoi pas une commission parlementaire spéciale pour encadrer la dignité de la vie ; en CHSLD, en établissement, en milieu hospitalier, en foyer et à la maison ?

Notre société a grandement besoin de ces temps de réflexion, car il n’y a pas que les sujets limites et urgents qui doivent nous interpeler, mais aussi notre réalité de citoyens dans la cité.

 

à la croisée des chemins
La manifestation des étudiants contre la hausse des frais universitaires, jeudi, fut un succès de foule. Passera-t-elle à l’histoire comme point marquant de ce conflit ? Seul le temps nous le dira.

Mais après l’euphorie des grands rendez-vous et la persistance de la résistance, il semble que l’on soit arrivé à la croisée des chemins.

D’un côté, y a le gouvernement qui ne bronche pas d’un iota et garde son cap. De l’autre, les étudiants qui, malgré leur solidarité, ne réussissent pas à renverser la vapeur.

Chacun reste campé sur sa position, les deux enferrés dans leurs stratégies. Guerre de tranchées ! Même pas de drapeau blanc à la faveur d’une trêve pour compter les victimes, faire le bilan et envisager une solution.

Et il y a nous, tristes spectateurs, de ce match à finir duquel personne ne sortira indemne. Primaire comme attitude, non ? Parce qu’il y a peu de conflits, pour ne pas dire aucun, qui ne se soldent pas par des pertes.

Qu’aura gagné le gouvernement sur les plans politiques et économiques ; sûrement très peu de choses. Les étudiants, eux, pourraient n’avoir pour se consoler que de faire le bilan de leur solidarité.

L’actuel désaccord repose davantage sur un principe que sur une simple question d’argent...

Et ce n’est pas fini...
En moins de deux ans, la région de Montréal a perdu pas moins de 4 500 emplois. Je vous le dis sans vouloir être prophète de malheur, ce n’est pas fini. Nous serons touchés durement au cours des prochains mois.

On s’en était pas mal sorti jusqu’ici, mais nous ne pourrons pas échapper aux effets de la queue de la tornade qui a frappé les marchés étrangers.

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