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Prostituées d’État

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Le débat autour du plus vieux métier du monde est relancé.

Cette semaine, la Cour d’appel de l’Ontario a statué que l’interdiction de tenir une maison de débauche est inconstitutionnelle, et porte atteinte à la sécurité des prostituées. Je crois sincèrement que nous devrions assurer leur sécurité, autant physique qu’au niveau de l’emploi, en étatisant la prostitution.

On a déjà étatisé la production de l’électricité avec Hydro-Québec, l’alcool avec la SAQ, et le jeu avec Loto-Québec. Après la SAQ, la SAAQ, voici la SAA-ahhhhhQ ! La Société pour l’avancement de l’activité amoureuse du Québec serait assurément la société d’État la plus rentable. Oubliez le Plan Nord, voilà une richesse naturelle qui ne s’épuisera jamais. Pas besoin d’un MBA pour comprendre que la dynamique de l’offre et de la demande dans ce domaine sera toujours là. Et contrairement aux minières, il n’y a aucun risque financier. Donc, au lieu de laisser le crime organisé s’approprier le marché, l’État devrait s’investir à fond avec la SAA-ahhhQ.

Dette historique

D’autant plus que nous avons une dette historique envers les filles de joie. C’est grâce à elles si nous avons réussi à nous implanter sur ce continent. La présence en Nouvelle-France des Filles du Roy fut un puissant argument de vente pour garder les colons sur place. Quand, pour encourager le colon à persévérer malgré la rudesse des hivers, l’intendant disait : « Regarde les belles montagnes ! », il ne pointait pas les Laurentides ! Et contrairement à l’Église catholique, les Filles du Roy étaient plus ouvertes d’esprit, leurs positions ne se limitaient pas à celle du missionnaire !

En étatisant la prostitution, l’État pourrait joindre l’utile à l’agréable. En contrôlant tous les niveaux de cette activité commerciale, le gouvernement irait chercher les taxes et tous les profits. L’État ferait tellement d’argent, que les frais de scolarité seraient gelés aussi longtemps que le cerveau de Keith Richards.

Les côtés utiles de cette étatisation sont nombreux. Les prostituées pourraient contribuer au développement de plusieurs corps de métier. Par exemple, dans le domaine de la médecine, les étudiants en gynécologie et médecine générale auraient des cobayes (très bien rémunérés) pour développer leur expertise médicale. Les sexologues, psychologues et autres « ologues », pourraient également y faire leurs premières armes, non seulement avec les prostituées, mais également avec leur clientèle. Aucun bordel n’offre un tel service après-vente ! Avec ce côté pratico-pratique de leur curriculum, nos établissements universitaires deviendraient des références sur le plan international, et rejoindraient Oxford, Harvard et Yale au rang des universités les plus populaires.

La police gino

Les policiers aussi pourraient offrir un côté pratique à leur formation. Au lieu d’un Gino qui se contente de collecter le cash à la porte, on aurait un finissant de l’Institut de police de Nicolet pouvant vérifier les antécédents des clients, en plus d’assurer la sécurité des filles. Et si jamais l’une d’elles était victime d’un « accident du travail », rassurez-vous, une grossesse est plus facile à prouver que des maux de dos et les prestations de la CSST sont plus généreuses que celles du Régime québécois d’assurance parentale.

L’Institut d’hôtellerie (ITHQ) pourrait également bénéficier de ce nouveau type de fonctionnaires. Les futures femmes de chambre pourraient y suivre une formation accélérée. En effet, vous apprenez plus rapidement quand les chambres doivent être prêtes, non pas avant la fin de la journée, mais avant la fin de chaque heure.

Seule ombre au tableau, si les prostituées devenaient employées de l’État, l’image du fonctionnaire serait davantage entachée. Déjà qu’ils (qu’elles) ont la réputation de « se poigner le derrière », ces fonctionnaires nouveau genre ne pourraient réfuter que quelqu’un d’autre le fait pour eux.

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