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À Patrick de choisir sa chaise

« Coudonc, Patrick, veux-tu coacher ? » Il m’avait répondu oui sur-le-champ

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ZURICH | Geoff Molson et son conseiller Serge Savard sont à la recherche d’un nouveau directeur général et plusieurs noms circuleront au cours des prochains jours, voire au cours des prochaines semaines.

Les journalistes et les chroniqueurs s’en donneront à cœur joie au jeu « Dénichons le directeur général du Canadien », qui sera suivi du jeu « Dénichons l’entraîneur en chef ».

Messieurs Molson et Savard se retrouveront devant une sorte de buffet chinois tellement le choix sera varié !

Sans surprise, le nom de Patrick Roy vient en tête de liste dans les premiers sondages auprès des amateurs de hockey au sujet de l’identité du futur directeur général du Tricolore, même s’il répète à qui veut bien l’entendre qu’il préfère travailler derrière le banc des joueurs plutôt que dans un bureau.

Impossible de cumuler les deux emplois

Lorsqu’il recevra l’appel de Molson, ce sera à Patrick de lui dire dans quelle chaise il aimerait s’asseoir. Lui seul le sait. Je connais

« Coudonc, Patrick, veux-tu coacher ? » Il m’avait répondu oui sur-le-champ

bien Patrick comme entraîneur, mais je le connais moins bien à titre de gestionnaire.

 

Je ne crois pas qu’il soit humainement possible aujourd’hui de cumuler les fonctions de directeur général et d’entraîneur en chef d’une équipe dans la Ligue nationale. Surtout pas dans un marché comme celui de Montréal. Diriger une équipe, c’est un job à temps plein. Il faut s’investir à fond.

Une passion qui l’habite depuis longtemps

J’estime être bien placé pour juger si Patrick est prêt à diriger une équipe de la LNH, car lorsque j’étais entraîneur en chef de l’Avalanche, je voyais déjà que Patrick possédait les qualités nécessaires pour occuper un tel poste.

Il est l’entraîneur en chef des Remparts de Québec depuis sept ans, mais ça fait plus longtemps que ça que Patrick fait du « coaching ».

Après les entraînements ou après les matchs, il aimait venir dans mon bureau pour me montrer des séquences de jeu, afin que je lui explique des aspects tactiques et stratégiques.

Habituellement, les gardiens de but ne s’intéressent guère aux diverses stratégies offensives ou défensives que livrent les entraîneurs aux joueurs. Ils ont leur propre agenda, leur propre entraîneur.

Patrick Roy était de loin le gardien le plus attentif que j’ai connu, lors des séances d’entraînement.

Je me souviens lui avoir demandé « Coudonc, Patrick, veux-tu coacher ? » Il m’avait répondu oui sur-le-champ.

Je n’ai donc pas été surpris quand il s’est retrouvé entraîneur en chef des Remparts en septembre 2005.

C’était facile de voir qu’il avait la passion du « coaching » dans le sang. Pour diriger une équipe de hockey, tu n’as pas besoin de suivre des cours à l’école. Il faut adorer le métier, y consacrer tout son temps.

Un gros travaillant

Patrick a toujours été un gros travaillant. Il s’attarde aux petits détails. Il pense à tout. Bien entendu, il a parfois commis des erreurs. Il a été impliqué dans des incidents. Il lui est arrivé de perdre son sang-froid. Mais c’est tout un homme de hockey.

À Québec, il a relevé le défi de faire des Remparts une organisation de première classe. Il m’avait dit qu’il voulait diriger ses deux fils et il l’a fait.

Maintenant, que lui réserve l’avenir ? Le Canadien le voit-il comme directeur général ou comme entraîneur en chef ?

Patrick a déjà refusé le job d’entraîneur en chef de l’Avalanche, mais aujourd’hui, il est fin prêt pour diriger dans la Ligue nationale.

Il a fait ses classes dans la LHJMQ, une excellente école de hockey et de vie.

Il y a des gens qui se demandent si Patrick ne sera pas tenté d’attendre de voir si Québec obtiendra une concession dans la LNH, avec le déménagement possible des Coyotes de Phoenix, avant de donner sa réponse au Canadien.

C’est difficile à dire. On ne sait pas si Québec retrouvera son équipe. Et surtout, quand un déménagement de concession pourrait se produire.

Il ne faut pas oublier que Patrick pourrait aussi recevoir des offres provenant d’autres formations de la LNH.

Si le poste de directeur général du Canadien est destiné à un autre homme que lui, Patrick sera-t-il le choix de ce nouveau D.-G. ?

C’est bien connu qu’un directeur général a toujours son candidat en tête comme entraîneur en chef quand il accepte une nouvelle mission.

Une histoire à suivre, comme on dit.

Un message bien clair

Même si je suis fort occupé à préparer mon équipe, les Lions de Zurich, en vue de la finale de la Ligue nationale A qui s’amorcera mardi contre Berne, j’ai regardé attentivement la conférence de presse qu’a donnée Geoff Molson jeudi.

Ce que j’ai le plus retenu, c’est qu’il a envoyé un message bien clair aux partisans du Canadien voulant que les demi-mesures, c’est bien fini.

J’applaudis sa décision de faire appel aux services de Serge Savard pour le conseiller dans le choix du futur directeur général. Molson s’est tourné vers le grand architecte des dernières grosses équipes du Canadien, celles qui ont remporté la coupe Stanley en 1986 et en 1993.

Serge Savard a toujours cru au produit québécois. Et ça, c’est une bonne nouvelle pour les partisans du Canadien.

 

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