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Unité néonatale du Centre mère-enfant

La colère des infirmières éclate

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Une équipe complète d’infirmières de l’unité de néonatologie du CHUQ a provoqué une véritable onde de choc hier, en fin d’après-midi, en décidant spontanément de ne pas se présenter au travail pour dénoncer leurs conditions de travail difficiles.

Quinze minutes avant le début de leur quart de travail prévu de 16 h à minuit, les infirmières ont unanimement décidé de pas se rendre à l’unité après avoir constaté que quelques-unes d’entre elles allaient encore une fois devoir demeurer au travail pour le quart de travail de minuit à 8 h, ce matin.

Une situation répétée et déjà dénoncée par ce groupe d’infirmières auprès la direction du CHUQ. Épuisées de constater que la problématique du manque de personnel ne s’améliorait pas, les infirmières ont décidé de passer de la parole aux actes sans prévenir le syndicat ni le personnel de l’équipe qui les précédait.

Cette unité, que plusieurs présentent comme le centre des soins intensifs des poupons, présente un taux d’occupation de 99 %. Selon les informations obtenues, les infirmières y sont forcées une journée sur trois, et parfois une journée sur deux, de poursuivre leur quart de travail en temps supplémentaire.

Signal d’alarme

L’équipe a été rencontrée rapidement par le syndicat et des membres de la direction de l’unité. Les infirmières ont finalement convenu de reprendre le travail vers 20 h, non sans que le message lancé ait eu l’effet d’une bombe pour mettre en lumière le signal d’alarme du groupe d’infirmières.

Après avoir rencontré les infirmières avant que celles-ci reprennent le travail, la représentante syndicale, Nancy Bédard, présidente de l’Alliance des syndiqués interprofessionnels du CHUQ, a dit ignorer si l’équipe d’infirmières allait récidiver prochainement. « Ce que je sais, c’est que l’équipe attend des réponses de la direction pour la prochaine semaine. Si rien ne change, je ne sais pas ce qui peut arriver », explique

Mme Bédard, qui n’a jamais été informée au préalable de la décision des infirmières.

« Pour eux, c’est une situation de crise et c’est un cri du cœur. Ils veulent avoir une vie. Ça voulait dire : y a-t-il quelqu’un qui va nous entendre? »

Une infirmière d’une autre équipe en néonatologie a tenu à démontrer sa solidarité envers ses collègues. « Ce n’est pas juste le temps supplémentaire. On est toujours en état de débordement. Il y a de la place pour 48 bébés et on en a souvent plus de 50. Et plus ça va, pire c’est. C’est une question de risque aussi, les gens sont fatigués et ne sont pas aussi vigilants. Moi, je les appuie, ils travaillent toute la soirée et doivent rester une partie de la nuit. »

Pascale Saint-Pierre, du service des communications du CHUQ, a indiqué que la direction allait examiner les pistes de solution. « On est conscients que la pression est importante. Ce sont des soins critiques et le temps supplémentaire n’est pas souhaitable, mais parfois inévitable. »

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