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Le point de non-retour

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La mobilisation étudiante contre la hausse des frais de scolarité est sans précédent autant par son ampleur que par sa durée. Soixante jours ! Si cela perdure, cela compromettra les études de plusieurs. On approche donc sans doute du bout du tunnel... même si on n’aperçoit pas encore la lumière.

Ça presse ! Chacune des parties en cause doit avoir l’intelligence de faire des concessions afin de permettre à l’autre de ne pas perdre la face... sinon c’est ensemble qu’elles se discréditeront.

D’une part, le gouvernement ne peut pas avoir l’air de céder. Il perdrait alors le peu de confiance que le public lui voue encore et il ne hausserait pas vraiment sa cote de popularité.

Les étudiants, eux qui se targuent de se battre pour l’accessibilité des études, pourraient exiger des mesures efficaces pour garantir aux plus démunis de notre société les moyens d’acquérir une éducation supérieure.

Une guerre de nerfs

Le cap des soixante jours, c’est un seuil psychologique important. C’est souvent lorsqu’un compte à payer ne l’a pas été pendant soixante jours que l’on commence à parler de mauvaises créances.

Dans la présente situation, c’est une bonne partie du système d’éducation qui est « en souffrance »... Ce serait un beau gâchis pour tout le monde si la session était annulée.

Quel gaspillage d’argent ce serait pour les contribuables qui paient déjà plus de 80 % des frais de scolarité des étudiants !

Les associations étudiantes qui négocient ont raison de se méfier des promesses des politiciens, mais elles ne peuvent pas tout bonnement faire la sourde oreille...

Il faudra bien que l’on trouve un terrain d’entente pour mettre fin à ce qui est devenu une guerre de tranchées, où chacun campe sur ses positions.

Charest doit intervenir

Jean Charest doit maintenant trouver une solution à cette confrontation qui n’en finit plus. Il doit faire montre de leadership (et non pas faire preuve d’entêtement).

M. Charest s’imagine-t-il que son actuelle fermeté face aux grévistes étudiants vient compenser pour la valse-hésitation de son gouvernement sur la question de la construction ?

Notre premier ministre se fait discret et laisse sa ministre, Line Beauchamp, se battre en première ligne. (Même chose avec l’épineux dossier de la construction; c’est la ministre Lise Thériault qui monte au front.)

Un chef d’État doit souvent prendre des décisions impopulaires, mais il doit aussi savoir se montrer conciliant.

Perdre une session ferait du tort à tout le Québec. Pas juste aux étudiants.

Des sympathies
très ambiguës
La cause étudiante éveille une certaine sympathie dans la population même si, chose paradoxale, on trouve généralement que les étudiants paient trop peu cher.

Ce genre de dédoublement de personnalité est susceptible de survenir en chacun de nous lorsque le citoyen (aux idéaux élevés) le dispute au contribuable (qui pense au prix à payer).

L’insatisfaction généralisée envers le gouvernement fait en sorte que beaucoup de gens s’identifient au mouvement de protestation, mais, si on admire la ténacité des « grévistes » et l’énergie qu’ils déploient, on n’adopte pas forcément leurs revendications.


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