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Les tricheurs

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Le match se rend en prolongation, opposant un gouvernement ferme sur la hausse des frais de scolarité à des syndicats étudiants et des radicaux qui, trop souvent, jouent le va-tout en bafouant le livre des règlements aller retour.

Des règlements comme l’interdiction de bloquer des voies publiques, de vandaliser, de frapper ou d’empêcher des étudiants d’assister à leurs cours, mais aussi les règles, non écrites, de la décence, de l’équilibre et du bon goût.

LA LISTE DE SCHINDLER

Sur Internet comme dans la rue, nous n’en sommes pas à un délire près.

L’Association pour une solidarité syndicale étudiante (l’ASSÉ) a lancé le mois dernier une vidéo avec comme thème la musique de La liste de Schindler! Ce classique racontait l’histoire d’un homme qui a réussi à sauver 1 100 Juifs destinés à être exterminés.

Quel est le rapport? Charest projetterait-il de gazer des étudiants? Chercher à tisser ne serait-ce qu’un subtil parallèle entre le sort de nos étudiants et celui des Juifs victimes de l’Holocauste est un sacrilège et un crime contre la vérité.

À force de magasiner l’effet coup-de-poing, on verse dans de déplorables égarements.

PASSION DU CHRIST

Des enseignants sont aussi tombés face première dans le buffet des grossières métaphores.

Pour démontrer leur appui à la cause, des profs de Québec avaient organisé durant le dernier week-end pascal une pièce dans laquelle ils invitaient le public à mettre à mort... la « gratuité scolaire »!

En scène : « Ponce Pilate Charest », « BaraBachand » et la « Gratuité scolaire » jouée par un Christ agonisant.

Sur le plan du mauvais goût, peu de gens seront tombés aussi bas ce printemps. De la bouffonnerie en concentré qui en dit autant sur le manque de jugement de certains profs que sur l’érosion de notre respect du sacré.

Trop souvent nous sommes témoins de dérapages surréalistes. Quand on attaque un gouvernement, tout semble permis.

L’AIDE DES ENFANTS!

L’utilisation des enfants dans le débat actuel me laisse un goût amer, surtout depuis cette vidéo montrant un grand-papa bricolant avec sa petite-fille. Cette dernière veut confectionner un diadème de princesse, mais l’aîné en déficit de subtilité l’invite plutôt à fabriquer un chapeau de graduation rouge, avant de l’amener... manifester!

Tout aussi pathétique est ce clip de la Coalition large de l’ASSÉ (CLASSE) montrant un comédien lançant « Bloquons la hausse! » avec deux petits enfants!

Certains diront « nos enfants, c’est l’avenir » et blabla... Laissons-donc les enfants tranquilles! Et ça s’applique à TOUTES les causes.

Les enfants, c’est l’innocence. Ils ne peuvent saisir la complexité des enjeux et n’ont pas la capacité de départager le vrai du faux.

LES EXAGÉRATIONS

Question de faire peur au monde, on triture les faits et on sort le spectre de l’Armageddon.

Julien Poulin lance « la hausse des frais de scolarité, c’est 1 625 $ par année! » Un raccourci dramatique frôlant la malhonnêteté. Pourquoi ne pas dire les faits tels qu’ils sont, c’est à dire une hausse de 325 $ par année pendant cinq ans?

Et que dire de Lucie Laurier, qui joue le tout pour le tout en lançant : «C’est le début de la fin du Québec tel qu’on le connaît. »

Vraiment?

Pour trop de gens parmi ces indignés scolaires, la fin justifie les moyens. Et le recours aux méthodes déloyales devient monnaie courante.

Dans le dictionnaire, on appelle ça TRICHER.

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