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Saint-Hubert

L'aéroport géré par Longueuil?

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© Archives / Agence QMI Selon la mairesse, cette pluie de poursuites qui s’abat sur l’aéroport depuis plusieurs mois tend à démontrer que « la gouvernance de DASH-L est malade d’un déficit d’imputabilité, malade d’un déficit de démocratie ».

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LONGUEUIL - En autorisant le transfert de l’autorité aéroportuaire à la Ville de Longueuil, comme souhaité par certains maires du conseil d’agglomération, la mairesse Caroline St-Hilaire dit avoir « bon espoir que la plupart des poursuites n’auront plus de raison de continuer, et que tout cela ne sera qu’un mauvais souvenir ».

En conférence de presse, lundi, accompagnée des maires de Saint-Bruno-de-Montarville, Claude Benjamin, et de Boucherville, Jean Martel, la mairesse de Longueuil a déclaré son intention de déposer, lors de la prochaine assemblée du conseil municipal, une résolution demandant au gouvernement du Québec d’abolir l’organisme à but non lucratif Développement Aéroport de Saint-Hubert Longueuil (DASH-L), qui détient et gère actuellement l’aéroport, afin que l’Agglomération succède aux droits et obligations de DASH-L.

« L’ambigüité de la gouvernance de DASH-L est telle que la confusion entre les intérêts privés et publics est grande, a déclaré Caroline St-Hilaire. L’organisme est si coincé entre l’intérêt collectif et celui de ses usagers, qui, par des poursuites juridiques, empêche les pouvoirs publics d’influencer l’organisme dans le sens du bien public », a déclaré Caroline St-Hilaire.

Un déficit de démocratie

Selon la mairesse, cette pluie de poursuites qui s’abat sur l’aéroport depuis plusieurs mois tend à démontrer que « la gouvernance de DASH-L est malade d’un déficit d’imputabilité, malade d’un déficit de démocratie ».

Caroline St-Hilaire dit appuyer l’essentiel de ses démarches sur les résultats de l’étude de la firme Secor, présentée aux gens d’affaires en janvier 2011, et qui soulignait la contribution économique de l’aéroport de Saint-Hubert à l’échelle régionale. Le rapport mentionnait aussi que son potentiel demeurait « sous-exploité ».

Son argument prend aussi sens, selon Caroline St-Hilaire, dans le rapport déposé en décembre 2011 aux maires de l’Agglomération par l’ex-ministre des Transports, Benoît Bouchard. L’auteur attribue la sous-performance de DASH-L à certaines contradictions inhérentes qui l’empêchent de fonctionner adéquatement.

Le document n’évoque par contre pas la question de la municipalisation. Ce n’est que trois mois plus tard, dans une lettre adressée aux maires, qu’il en fait mention pour la première fois.

« Si c’est notre aéroport géographiquement, il doit aussi l’être juridiquement, a plaidé Caroline St-Hilaire. Car l’aéroport fait partie de l’agglomération, c’est un morceau de l’agglomération, donc cela doit appartenance à son monde, et sur une base collective. »

Rappelons que l’Agglomération avait entériné le 22 mars la résolution réclamant du gouvernement du Québec des amendements législatifs pour autoriser le transfert de l’autorité aéroportuaire à la Ville de Longueuil et ainsi dissoudre DASH-L. Sans être défavorable à l’idée de municipaliser l’aéroport, le maire de Brossard, Paul Leduc, s’était toutefois dissocié de cette adoption, qualifiant cette décision de « prématurée, imprudente et déconseillée ».

Notons que le maire de Brossard et son homologue de Saint-Lambert, Philippe Brunet, qui font partie des maires siégeant au conseil d’agglomération, ont brillé par leur absence à la conférence de presse.

Le bureau du ministre des Affaires municipales, Laurent Lessard, a fait savoir à l’Agence QMI, en fin de journée, lundi, que celui-ci prendra connaissance du projet avant de le commenter.

 

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