/opinion
Navigation

Réjouissons-nous... mais pas trop

Coup d'oeil sur cet article

Au moment de la reprise de la session parlementaire à Québec, l’Unité permanente anticorruption (UPAC) frappe un grand coup et arrête 14 personnes. Cette coïncidence a dû faire un velours à Jean Charest.

Pour en arriver à ces quatorze accusés menottés, il a fallu deux années de travail. Puis quelques minutes ont suffi pour les remettre en liberté sous promesse de comparaître...

Les 47 chefs d’accusation ne sont pas des condamnations. La présomption d’innocence existe.

On aurait pu sommer chacun des accusés de se présenter au tribunal afin de prendre connaissance des accusations qui pèsent contre eux ; mais question de montrer que nos taxes ont bien travaillé, on a opté pour la méthode spectaculaire, avec menottes et caméras.

Une heureuse coïncidence

Pour Jean Charest, ces 14 arrestations tombaient bien. Lui qui répétait qu’il laissait les policiers faire leur travail, ceux-ci ont livré la marchandise juste à temps pour reléguer au deuxième plan, pendant quelques heures, l’épineuse question du conflit de la hausse des frais de scolarité.

La plus grosse prise du coup de filet de mardi dernier, l’entrepreneur Tony Accurso, invitait ses « amis » sur son yacht... Et parlant de bateau, c’était dimanche dernier le centenaire du naufrage du Titanic, le 15 avril 1912. Ce funeste anniversaire devrait justement nous rappeler que la partie visible d’un iceberg, même si elle paraît impressionnante, est toute petite par rapport au tout... Cela est aussi vrai de la corruption : la partie visible est toujours minuscule par rapport au tout...

Débanaliser la corruption

Les arrestations de mardi confirment ce dont je vous parlais dimanche dernier : dans les petites municipalités, des gens profitent de subterfuges depuis des années, comme si cela était « normal », sans jamais avoir été inquiétés... comme si pendant longtemps les citoyens avaient abdiqué devant les machinations des gens en place.

À en croire les accusations qui pèsent contre le maire de Mascouche, Richard Marcotte, ce dernier aurait bénéficié d’un système frauduleux... Il refuse de démissionner de son poste, même si son propre parti l’a exclu. Quant à ces accusés dont vous ignoriez complètement le nom, ils nous rappellent que le problème est plus grand qu’il en a l’air. Pour un nom connu, combien faut-il de dizaines d’anonymes pour participer à la grande tricherie ?

Le gros ménage reste à faire
J’ose espérer que les arrestations de mardi dernier inaugurent la fin d’une certaine culture de l’impunité qui pourrit la vie politique de trop de municipalités. C’est bien beau de nous faire plaisir en nous montrant 14 accusés menottés, mais n’allons pas nous contenter de faire le ménage dans les affaires pas claires de Mascouche... Nos efforts doivent embrasser tout le Québec. L’UPAC doit contrecarrer la corruption partout. On sait qu’il y a d’autres enquêtes en cours et on espère qu’elles porteront fruit. Enfin, je veux vous rappeler que justice n’a pas encore été rendue. Elle reste encore à faire. Les procès n’ont pas encore eu lieu.

Le feuilleton judiciaire de la corruption ne fait que commencer.


Commentaires