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Savoir garder la tête froide

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photo reuters

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ZURICH, Suisse | Le moins que l’on puisse dire, c’est que la première ronde des séries éliminatoires dans la LNH est fertile en émotions, en rebondissements et... en controverses !

Vraiment, les amateurs de hockey ne s’ennuient pas devant le petit écran. Plusieurs matchs se sont décidés en prolongation et on a assisté à des remontées spectaculaires. Il est juste dommage que le Canadien ne soit pas de la fête cette année.

Le préfet de discipline Brendan Shanahan est un homme fort occupé à distribuer des suspensions et des amendes parce que plusieurs joueurs ont perdu la tête et distribuent à leur tour des coups vicieux et illégaux, des gestes condamnables.

De voir un joueur étoile comme Marian Hossa sortir de la patinoire sur une civière, ce n’est pas le genre de publicité dont la Ligue nationale a besoin.

Il est juste dommage que le Canadien ne soit pas de la fête

LES TEMPS CHANGENT

Je sais, vous allez me rappeler que je n’étais pas un apôtre de la non-violence lorsque je dirigeais mes équipes dans les rangs juniors, dans la Ligue américaine et dans la LNH.

C’est peut-être le fait de me retrouver en Europe qui m’adoucit, mais il me semble que la situation est pire que jamais en ce qui a trait aux coups portés à la tête dans le circuit Bettman.

Brooks Orpik racontait cette semaine qu’il fut une époque où on glorifiait un joueur robuste comme Scott Stevens en raison de ses mises en échec qui assommaient littéralement ses rivaux, alors qu’aujourd’hui, on réclame des suspensions lorsqu’un joueur agit de la sorte.

C’est vrai sauf qu’il faut savoir évoluer. Les temps changent. On est plus conscient aujourd’hui des dommages causés par les commotions cérébrales.

J’ai déjà joué au hockey pour un entraîneur qui conduisait sa voiture avec une bouteille de bière entre les jambes. Il est difficile d’imaginer un tel comportement aujourd’hui...

Oui, les temps changent et il faut enrayer à tout prix ces coups portés à la tête.

Les patins de Raffi Torres avaient quitté la glace lorsqu’il a aligné la tête de Hossa avec son épaule. C’est un récidiviste et la ligue a raison de sévir sévèrement à son endroit.

J’ai toujours aimé le jeu robuste, mais je ne veux voir personne se déplacer en fauteuil roulant.

RESTER EN CONTRÔLE

J’en ai dirigé des équipes tough au cours de ma carrière. Mes joueurs n’étaient pas tous des enfants de chœur. Mais on ne jouait pas en fonction de blesser nos rivaux à la tête.

Oui, ça prend des guerriers au sein d’une équipe pour espérer gagner.

Cependant, ça prend aussi des joueurs qui savent où se situe la limite. Il faut savoir se montrer intelligent et bien gérer son niveau de frustration, même quand les choses ne vont pas bien.

Lors des guerres que se livraient l’Avalanche et les Red Wings, il y a bien eu l’incident ayant impliqué Claude Lemieux et Kris Draper, qui avait fait couler beaucoup d’encre avant mon arrivée au Colorado.

Mais je rappelais constamment à mes joueurs d’essayer d’éviter de mettre l’équipe dans le trouble. Il faut toujours penser en fonction de l’équipe.

UNE ERREUR DES PENGUINS

Je n’ai pas aimé l’attitude des joueurs des Penguins dans le troisième match à Philadelphie.

Voilà une formation fort talentueuse qui n’a pas à jeter les gants dans des combats inutiles, comme celui ayant impliqué Sidney Crosby et Claude Giroux.

Les Penguins ont cherché à prouver à leurs rivaux qu’ils pouvaient être plus tough qu’eux, mais ça n’a rien donné.

Dans le quatrième match de la série, on a revu les vrais Penguins, la vraie machine offensive.

LES EFFETS DE LA PARITÉ ?

On entend souvent dire que les joueurs de la LNH ne se respectent plus. Je ne sais pas trop quoi en penser.

Je me demande si les actes de violence auxquels on assiste depuis le début de la première ronde ne sont pas reliés au fait que la parité est devenue tellement grande dans la ligue.

Ça crée des rivalités si intenses que cela entraîne des débordements dans les séries 4 de 7.

À l’époque, la première ronde des séries était souvent une formalité pour les meilleures équipes de la ligue. Ce n’est plus le cas, comme le constatent les Canucks de Vancouver, menacés d’être éliminés par les Kings de Los Angeles.

En terminant, je trouve que les critiques des gens des médias sont sévères à l’endroit de Brendan Shanahan. S’il a commis une erreur au début des séries en n’imposant pas de suspension à Shea Weber pour son geste sur Henrik Zetterberg, ce qui ressemblait aux tactiques de Jean Rougeau sur Abdulah the Butcher, je crois que Shanahan a pris de bonnes décisions depuis.

J’estime qu’il envoie de bons messages aux joueurs et je souhaite qu’il continue de se montrer sévère jusqu’à la fin des séries.

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