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Les casseurs cassent la cause étudiante

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Le plus long conflit étudiant de l’histoire du Québec se solde par un retournement de l’opinion défavorable aux manifestants. Ainsi, le gouvernement gagne par défaut. Ce n’est pas Jean Charest qui a vaincu. Ce sont les étudiants qui se sont fait perdre eux-mêmes.

Il y a quelques semaines à peine, près de la moitié de la population du Québec (45 %) était sympathique au mouvement étudiant. Maintenant, c’est seulement environ le tiers (38 %). Ce qui a changé, c’est que, dans l’esprit du public, les manifestants se sont métamorphosés en casseurs.

Les pancartes ont cédé la place aux cocktails Molotov. Les marches ont été remplacées par des séances de cassage. Les slogans sont devenus des menaces. Les responsables du mouvement étudiant auraient pu condamner vertement ces gestes de violence politique, mais ils s’en sont seulement « distanciés ». Grave erreur.

DÉPASSER LES BORNES

Perturber la circulation, manifester en grand nombre à Montréal, à Québec et à Sherbrooke, pourquoi pas ? Mais le vandalisme et le saccage, ça ne passe pas. Les Québécois n’ont jamais aimé les casseurs. La violence politique, ça n’a jamais été payant par chez nous.

Menacer des individus, détruire des biens, c’est injustifiable. En ne condamnant pas vigoureusement et immédiatement ces gestes violents, les chefs du mouvement étudiant se sont discrédités... et c’est Jean Charest qui en profite !

Jean Charest ne cède pas sur la question de fond : la hausse des frais de scolarité. On a l’impression que le conflit perdure parce que tout le monde s’entête sans se servir de sa tête. C’est la lutte pour la lutte. A-t-on perdu de vue l’intérêt des étudiants et des contribuables ?

UNE FIN HUMILIANTE

La semaine dernière, j’espérais encore que les parties belligérantes sortiraient de ce conflit la tête haute. Cela devient de moins en moins probable. Je crois que les grands perdants, ce seront les étudiants... Et plus il y aura de la casse, et plus ça les fera baisser dans l’estime du public...

Ceux qui espéraient des lendemains qui chantent se réveilleront plutôt avec une gueule de bois. Non seulement leur mouvement étudiant a perdu l’estime populaire, mais il a aidé le Parti libéral à gagner des points ! Une aubaine pour Jean Charest... Une humiliation pour les étudiants.

 

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