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Recherche d’une solution ou session d’entourloupettes ?

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Quand finalement Line Beauchamp, la ministre de l’Éducation, s’est assise avec les représentants des étudiants, je me suis demandé si vraiment les parties allaient essayer de trouver une solution. Ce conflit ne dure pas sans raison depuis plus de 70 jours! Va-t-on chercher un terrain d’entente ou essayer d’entourlouper l’adversaire ?

Ni la ministre, ni son chef, ni les têtes d’affiche du mouvement étudiant ne l’avoueront, mais tout ce beau monde a peur de perdre la face en négociant une sortie de ce conflit qui n’en finit plus. Voilà donc ma première inquiétude : c’est que, pour chacun, la peur de perdre la face soit la principale raison de s’assoir à la table de négociation. Dans ce cas-là, je ne sais pas si l’on peut parler de « négociation »... Car pour en arriver à une solution négociée après deux mois de chicane, il faut une véritable volonté d’aborder de front la question fondamentale : l’accessibilité aux études supérieures.

L’université deviendra-t-elle l’apanage des riches, oui ou non ? Comment s’assurer qu’elle ne le devienne pas ? Comment faire en sorte que les générations à venir bénéficient d’une mobilité sociale égale ou supérieure à la nôtre ? Telle est la vraie question au cœur de ce conflit : il est à souhaiter que les adversaires ne l’oublieront pas et qu’ils sauront focaliser leurs discussions sur ce sujet.

Exiger l’impossible

Ma deuxième inquiétude, c’est que ce conflit soit impossible à résoudre en raison de l’ambition révolutionnaire d’une partie des étudiants qui aspirent, non pas seulement à un gel des frais de scolarité, ni même à la gratuité scolaire, mais à rien de moins qu’à un grand bouleversement social. Voilà certainement une chose – la Justice avec un grand J – que la ministre Beauchamp ne peut pas leur donner !

Pour plusieurs opposants à la hausse des frais de scolarité, ce conflit est l’occasion de promouvoir une « autre vision du monde », de réclamer « un autre régime politique », de désirer « un autre système » que le néolibéralisme et son capitalisme sauvage. Je pense que l’idéalisme forcené de certains étudiants, qui mettent toutes leurs revendications dans le même sac, pourrait enfermer la ministre et les négociateurs étudiants dans un cul-de-sac... Certains voudraient d’un Printemps du Québec porteur de renouveau ? Eh bien, encore une fois, ce n’est pas Line Beauchamp qui pourrait de le leur donner, ce fameux Printemps !

Il n’est pas toujours réaliste d’exiger l’impossible...

L’extrême urgence d’une résolution
Le temps file. La perspective d’une annulation de session dans plusieurs établissements va-t-elle contraindre les parties à mettre de l’eau dans leur vin ? Souhaitons que les décideurs du gouvernement et que les représentants des étudiants protestataires sauront éviter le fiasco. Les deux parties sont tellement campées sur leurs positions initiales que tout compromis est peut-être devenu impossible ! Je trouverais désolant qu’une génération d’étudiants s’en retourne en classe après une défaite aussi cuisante qu’humiliante. J’espère que le gouvernement Charest, sans revenir sur ses hausses, qu’il pourrait cependant échelonner sur une plus longue période, saura proposer des mesures d’ajustement significatives au régime des prêts et bourses de manière à garantir l’accessibilité aux études aux enfants de la classe moyenne inférieure.
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