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Le monopole de notre attention

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Le feuilleton de la crise entourant la hausse des frais de scolarité occupe un espace médiatique démesuré. Cette question monopolise quasiment notre attention. Cou’don’ ! Le monde a-t-il arrêté de tourner ? Se passe-t-il autre chose au Québec que ce conflit ?

À force de focaliser notre attention sur le bras de fer entre les représentants étudiants et le gouvernement Charest, nous risquons de ne pas prêter attention à d’autres choses qui mériteraient que nous les examinions...

Après plus de 10 semaines d’affrontement, le bilan est peu reluisant : il n’y a eu que quelques heures de discussion entre les parties, mais, en revanche, plusieurs « manifs » spectaculaires, de la casse sur une base presque régulière, des arrestations musclées, des autoroutes bloquées, etc. Chacun est trop occupé à vouloir avoir raison pour songer à trouver des compromis nécessaires pour débloquer les choses.

Toutes sortes de groupes d’intérêt se sont prononcés : enseignants, syndicats, groupes de « sages », anciens politiciens, etc. Le maire de Montréal en appelle au règlement de la situation au nom du bien-être de ses concitoyens « pris en otages » par l’état de siège d’une partie du centre-ville.

CALCULS POLITIQUES

C’est dommage, mais la classe politique semble plus occupée à essayer de profiter électoralement du conflit qu’à lui trouver une solution. Les libéraux espèrent voir remonter leurs appuis en tenant la ligne dure et en maintenant la hausse des frais. Le Parti québécois flirte avec l’électorat étudiant et promet d’annuler la hausse. La Coalition Avenir Québec favorise une hausse de frais, mais propose une compensation afin d’aider ceux qui pourraient voir leur accès aux études universitaires compromis, et ce, par des crédits d’impôt et en modernisant le calcul des contributions parentales.

UNE QUESTION OBSÉDANTE

L’un des inconvénients de l’actuel conflit, c’est qu’il nous obsède. L’éducation, c’est important, mais il n’y a pas que ça ! Le réseau de la santé, ce n’est pas non plus négligeable, non ? Et la fraude et la corruption, ça n’existe plus ? Et les questions de développement économique ? Et le Plan Nord ? Et notre système de justice, va-t-il bien ? Votre pouvoir d’achat, l’avez-vous senti augmenter ? Le chômage et la précarité économique ont-ils reculé ? Notre État gère-t-il mieux ses affaires ? Non. C’est juste qu’on en parle moins. Parce que la crise étudiante prend toute la place.

 

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