/opinion
Navigation

Il y a des élections dans l’air...

bloc mongrain

Coup d'oeil sur cet article

À défaut d’avoir eu droit à la « fièvre des séries », ce printemps, les Québécois ont vu leur espace médiatique envahi par un conflit étudiant sans précédent, dont on peut finalement espérer qu’il tire à sa fin. Les partis d’opposition cachent de plus en plus mal leur hâte d’en découdre électoralement avec le gouvernement actuel. Mais attention : il ne faut pas tenir Jean Charest pour battu. Je trouve que ses adversaires pèchent par excès d’assurance.

Vrai, un taux d’insatisfaction sans précédent mine les chances de réélection de ce gouvernement dont la réputation est entachée par des soupçons et par des allégations de toutes sortes. Cependant, ce même gouvernement a mis en place des règles nouvelles, des escouades policières chargées de faire le grand ménage et, quoique tardivement et après s’être fait tirer l’oreille, la commission Charbonneau.

La ligne dure du gouvernement envers les manifestants étudiants a plu à une partie importante de l’électorat. Une entente in extremis avec les étudiants, voilà qui terminerait sur une bonne note, pour le gouvernement, cette crise qui a souvent dérapé.

Le Plan Nord a souvent mauvaise presse, mais il est susceptible de rallier une partie importante du monde industriel. L’administration actuelle a décidé d’investir massivement dans les infrastructures : cela pourrait lui rapporter gros dans les urnes.

Étant donné les circonstances économiques difficiles des dernières années, on ne peut pas dire que Québec n’a pas bien manœuvré. Le bilan de ce gouvernement est loin d’être parfait, mais la population ne va pas vouloir le changer si elle pense que d’autres partis ne feraient guère mieux. Il ne suffira pas de changer le gouvernement pour que tout se mette soudain à aller comme sur des roulettes.

EFFET DE L’ISOLOIR

Robert Bourassa parlait souvent de l’« effet de l’isoloir » qui porte les gens à changer d’avis à la dernière seconde au moment de voter. La frustration contre le gouvernement sortant fait alors place la précaution qui fait préférer ce qui est connu à ce qui ne l’est pas.

Si les électeurs doutent que les autres partis fassent mieux, ils seront portés à voter pour celui qui est déjà là, même s’ils n’en sont pas satisfaits. Ce genre de vote produit souvent des gouvernements minoritaires. Ce scénario d’un gouvernement Charest minoritaire, qui comporterait moins de députés que l’ensemble des partis d’opposition réunis, mais qui garderait néanmoins le pouvoir, ne me paraît pas impossible dans le contexte actuel.

Chose certaine, Jean Charest ne va pas déclencher d’élections à moins de penser qu’il peut les gagner. S’il attend, c’est parce qu’il escompte qu’il aura demain de meilleurs résultats qu’aujourd’hui.

Commentaires