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L’industrie Robert Lepage

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Si le génie de Robert Lepage est acclamé partout sur la planète, bien peu de gens savent que toutes ses créations voient le jour en laboratoire à la Caserne Dalhousie et que des centaines de personnes s’activent dans l’ombre pour mener les projets à terme.

À tel point qu’on pourrait parler d’une « industrie Robert Lepage ». Créée en 1994 expressément pour piloter les projets imaginés par Lepage, Ex Machina a enregistré en sept ans des revenus de 100 millions de dollars, principalement avec la vente de spectacles de théâtre et d’opéra. Ici mais surtout à l’étranger.

« J’avoue que j’ai moi-même été surpris quand j’ai fait le total, de 1994 jusqu’à la fin 2011 », reconnaît Jean-Pierre Vézina, grand argentier de l’entreprise, dans une entrevue accordée expressément à la demande du Journal de Québec.

Pour l’année en cours, il estime le chiffre d’affaires d’Ex Machina à 15 millions de dollars, toujours en ce qui a trait aux productions de théâtre et d’opéra et les projections.

« Il y a deux ou trois choses dont on est particulièrement fiers. D’une part, Robert aurait pu travailler n’importe où sur la planète, il avait de nombreuses offres, mais c’est à Québec qu’il a choisi de s’établir. Il est né à Québec et voulait travailler dans sa ville parce que c’est ici qu’il a ses racines. »

« Il croyait au potentiel de Québec même si on ne trouve pas de grands mécènes ici. Québec n’est pas New York. Ça demande plus de créativité, et Québec est une ville riche à ce niveau », poursuit Jean-Pierre Vézina.

7 % de subvention

« On est fiers aussi de notre niveau de subvention, qui se situe à 7 %. C’est le plus bas de toutes les compagnies de théâtre au Canada! C’est donc dire que 93 % de nos revenus sont autonomes. Ex Machina a la capacité d’aller chercher beaucoup de revenus à l’étranger, et 80 % de nos dépenses − approximativement 12 millions de dollars en 2011− sont faites dans la région de Québec. »

« Autrement dit, on va chercher des sous à l’étranger pour faire travailler des gens de Québec à tous les niveaux, que ce soit aux plans technique, logistique, en approvisionnement de toutes sortes ou sur la création elle-même. Seulement en 2011, nous avons versé 4 millions de dollars en cachets et salaires. Deux cent cinquante personnes ont reçu un T-4 d’Ex Machina », précise l’homme de chiffres.

Peter Gabriel

Par ailleurs, il précise que, comme les productions sont montées en laboratoire à La Caserne et qu’elles impliquent souvent des étrangers, ceux-ci doivent donc s’installer à Québec le temps des répétitions. Ce qui, là aussi, entraîne des déboursés qui sont faits à Québec.

Peter Gabriel est l’un de ceux-là. Après que Robert Lepage eut signé la mise en scène de deux spectacles de tournée de Peter Gabriel − Secret World Tour en 1993 et Growing Up Tour en 2002 − tous deux se sont associés dans la production de Zulu Time, qui a été entièrement conçu à La Caserne et au Colisée de Québec. Ce qui a amené Gabriel et un de ses musiciens, à passer plusieurs jours à Québec avec tout ce que cela comporte de frais de séjour.

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