/opinion
Navigation

L’histoire sans fin

Coup d'oeil sur cet article

On nous laissait présager un règlement du conflit étudiant, samedi dernier. « Enfin ! » nous disions nous. Notre joie n’aura pas duré longtemps. Il semble qu’il y a maintenant désaccord sur l’entente ou, si vous préférez, mésentente sur l’accord. Cela revient au même : presque à la case départ. Non, ce n’est pas fini... Espérons que ce ne soit pas qu’un début !

Ça n’aura donc été qu’un mirage, un beau rêve, cette « entente » survenue au cours du blitz de négociation qui a valu une nuit blanche aux représentants des parties impliquées. Ce texte signé conjointement ne rassemble pas : il divise... Je vois depuis quelques jours que l’on a recommencé à trouver des coupables au lieu de chercher des solutions. Au lieu de se réconcilier, les parties ont accouché d’une « entente » qui leur donne une nouvelle raison de se chicaner...

Le gouvernement semblait avoir eu gain de cause sur un point : le principe d’une hausse des frais de scolarité semblait acceptable aux étudiants pourvu que cette hausse soit assortie de diverses bonifications pour empêcher d’imposer un fardeau financier aux étudiants les moins en moyens. C’était une concession significative de la part d’étudiants qui s’opposaient par principe à toute forme de hausses ; certains exigeaient même non seulement le gel, mais une diminution, voire l’instauration de la gratuité ! Le blitz de négociation leur a-t-il fait comprendre l’importance d’un compromis ou se sont-ils égarés dans les dédales d’un marathon de pourparlers aussi épuisant physiquement que mentalement ?

Un retour à l’intransigeance ?

«Ne vends pas la peau de l’ours avant de l’avoir tué», dit le proverbe. Voilà une pensée qu’auraient dû méditer certains personnages du gouvernement avant de proclamer que tout était sur le point de se régler. Tout négociateur sait qu'il faut éviter de pavoiser et d’anticiper triomphalement sur les décisions des assemblées générales... Et maintenant, si le gouvernement croit pouvoir régler le « malentendu » sans faire la moindre concession, il fabule.

Les bêtes fauves se font plus féroces quand on les accule au mur... Frustrés par cet échec et rendus au bout du rouleau, les étudiants protestataires pourraient durcir leur position, avec l’énergie du désespoir, et relancer la contestation en tenant toujours mordicus au gel... Depuis le début, le débat piétine en raison de l’incompatibilité totale des principes défendus, comme des dogmes religieux, avec intransigeance, par des parties plus occupés à s’affronter qu’à dialoguer.

Le pire des scénarios
Dans le monde du sport, il y a normalement un gagnant et un perdant, quand il n’y a pas un match nul. Je ne connais pas de sport où plusieurs équipes peuvent perdre la même partie... En politique, ce scénario est possible. L’actuel conflit pourrait faire perdre à la fois les étudiants et le gouvernement, un adversaire agrippant l’autre pour l’entraîner dans sa chute... Même si le gouvernement de Jean Charest a remonté sans les sondages en raison du conflit jusqu’à maintenant, l’électorat pourrait se fâcher contre lui, et le lui faire payer dans les urnes, s’il ne parvient pas à éviter
la catastrophe... Une annulation massive des sessions d’étude, cela aurait un coût social incalculable.

Commentaires