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Deux visions, une même sensibilité

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L’un peint, l’autre photographie. De l’abstraction du premier au regard aiguisé du second, l’émotion se rejoint tout comme l’appétit pour la vie, pour l’Art avec un grand A. Forts d’une amitié vieille de 30 ans, la complicité que partagent Raymond Brousseau et John Porter se manifeste dans une exposition commune, Lumières et reflets, présentée à la Galerie A dans le Vieux-Québec.


Au-delà de l’amitié et de la connivence, Raymond Brousseau et John Porter vibrent de toute évidence d’une sensibilité commune à la lumière et ses reflets - d’où le titre, mais aussi à l’eau comme fil conducteur pouvant mener à l’autre bout du monde comme à l’intérieur de soi.

L’un dans ses deux ateliers entouré d’eau et de végétation, en Floride et à l’île d’Orléans, le second au gré de ses déplacements ici comme à l’étranger. Le médium est différent, mais les 20 toiles et les 20 photographies engagent une forme de dialogue.

Collectionneur, artiste et cinéaste

Si on le connaît surtout comme collectionneur, en particulier pour sa magnifique collection d’art inuit, Raymond Brousseau a aussi œuvré comme artiste et même cinéaste, avant que sa passion de collectionneur prenne le dessus. C’est d’ailleurs le cinéma et un artiste - Joseph Légaré, celui à qui on doit entre autres les tableaux sur les tragiques incendies de Québec, au XIXe siècle - qui les amènent à se rencontrer.

Muséologue réputé, président de la Fondation du Musée national des beaux-arts du Québec, institution qu’il a dirigé pendant 15 ans, John Porter venait de monter une exposition sur Joseph Légaré à la Galerie nationale du Canada, quand on lui demande de travailler sur l’élaboration d’un documentaire sur l’artiste. Produit par l’ONF, le film sera réalisé par... Raymond Brousseau. C’est la naissance d’une grande amitié.

Coup de foudre

Quant à la photographie, John Porter avoue en souriant qu’il n’avait jamais pris un cliché avant de s’inscrire au programme Perspective jeunesse, alors qu’il étudiait à l’Université Laval, en 1970, héritant de la mission de photographier le Patrimoine religieux du Québec. Au bout de milliers de kilomètres, près de 7 000 photos en deux mois.

Aujourd’hui, il prend plaisir à saisir l’instantanéité, à extraire une découpe du réel pour le faire voir autrement, de façon parfois quasi abstraite, mais jamais retravaillées. « Mes photos sont pures à 100 %. Il n’y a aucun recadrage, aucune retouche ni manipulation. Juste une question de regard et d’opportunité à saisir, confie John Porter.

« C’est Raymond qui a vu, en premier, le lien qu’il y avait entre mes photos et ses toiles. Pour moi, c’est un grand privilège de pouvoir placer mes photos à côté de ses tableaux. »

Mise en place par Lyse Brousseau, elle aussi complice de longue date, l’exposition, qui se poursuit jusqu’au 29 juillet, débute en principe le 30 mai, mais ceux qui passent dans le secteur pourront d’ores et déjà y jeter un œil...

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