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Frayeur dans le métro

Elles cachaient un complice

Trois bombes fumigènes dans autant de stations paralysent tout le métro à l’heure de pointe matinale

Elles cachaient un complice
Photo agence qmi, Henri Michaud Une photo captée avec le téléphone cellulaire du journaliste Henri Michaud, du journal 24H, à la station Jean-Talon bien enfumée, quelques minutes avant l’évacuation.

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Grâce aux 2000 caméras de surveillance qui mitraillent le métro de Montréal en permanence, la police avait déjà identifié, hier après-midi, les quatre suspects qui ont réussi à paralyser tout le métro à l’aide de bombes fumigènes, a appris le Journal de plusieurs sources.

Des arrestations seraient d’ailleurs imminentes, si elles n’ont pas eu lieu cette nuit.

Le quatuor formé de trois jeunes femmes et d’un homme se doutait vraisemblablement qu’il risquait d’être filmé. Celles-ci tentaient continuellement de masquer leur accompagnateur, comme on pourrait clairement l’apercevoir sur les caméras de surveillance.

En marchant dans les corridors et ailleurs dans le métro, les trois femmes essayaient constamment d’agir comme écran pour cacher l’identité de cet homme arborant d’assez longs cheveux blonds.

Leur petit manège n’a pas fonctionné, ce qui a permis aux autorités de les identifier.

Le suspect aurait été vu à quelques reprises au cours des manifestations étudiantes des dernières semaines.

On nous a aussi dit que deux des suspects portaient des vêtements ou des accessoires à l’effigie d’une école, ce qui aurait aussi aidé à les identifier.

Vidéos saisies

Les policiers ont saisi toutes les bandes vidéo du centre de contrôle de la Société de transport de Montréal. Ils en avaient fait autant lors des événements du 16 avril, lorsque des sacs ont été jetés sur les rames du métro, et du 18 avril lorsqu’un fumigène a forcé l’évacuation de la station Beaudry.

Hier soir, au moment de mettre sous presse, toute cette preuve était examinée.

Photo de cellulaire

Il a fallu à peine trois heures pour que la police publie les premières photos de suspects (voir pages 1 et 2).

Ce n’est toutefois pas une image provenant des bandes vidéo de la STM que la police a rendue publique.

Les clichés ont plutôt été captés dans un wagon, en catimini avec un iPhone, par un usager qui a vu les suspects lancer l’une des bombes fumigènes quelques minutes plus tôt à la station Lionel-Groulx.

Le chaos

C’était la première fois hier depuis le 13 mars 1989, lors de la tempête magnétique qui avait privé une grande partie du Québec d’électricité, que les quatre lignes de métro se sont arrêtées.

Après 90 jours d’une grève étudiante qui se gangrène, Montréal a atteint le paroxysme du chaos en matinée.

En pleine heure de pointe, alors que le métro était bondé, trois bombes fumigènes de fabrication artisanale ont été lancées dans les tunnels des stations Lionel-Groulx, Jean-Talon et Préfontaine.

En raison de la fumée, les lignes ont été fermées les unes après les autres. Les stations se sont alors mises à vomir entre 200 000 et 300 000 usagers complètement abasourdis qui se sont rués aux arrêts d’autobus.

La STM a eu beau ajouter des autobus et mettre en place des services provisoires, les files d’attente étaient interminables aux intersections. Les rues de la métropole étaient bouchées, les taxis, introuvables.

Plusieurs ont dû se résigner à marcher, comme ces étudiants du secondaire sortis de la station Crémazie qui ont usé leurs souliers sur des kilomètres jusqu’à leur école sur la rue Henri-Bourassa.


  • Pour éviter qu’une telle attaque se répète, la STM a augmenté le nombre d’inspecteurs et d’employés sur les quais du métro. La police aussi a augmenté ses effectifs.
  • Désemparé face aux attentats qui ont paralysé le métro hier matin, Gérald Tremblay exige une solution immédiate, mais du même souffle, le maire de Montréal est incapable d’en proposer une. Lors d’un point de presse où l’heure était grave, il a même demandé à des journalistes avec lesquels il argumentait si ceux-ci avaient des solutions à proposer.
3
engins fumigènes
3
stations évacuées
500
pompiers mobilisés
Plus de 220 000
personnes touchées
Plus de 2 heures
d’attente pour les usagers
du métro
Jusqu’à 5 heures
pour rentrer au bureau
185
autobus nolisés
4500
déplacements en BIXI
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