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Fragile démocratie

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Il suffit de peu de gens sans scrupules, des extrémistes qui se croient des justiciers, pour ébranler les fondements de la démocratie, pour semer la pagaille, provoquer des embouteillages monstres, des interventions policières, etc. Quelques bombes fumigènes ont suffi à paralyser Montréal pendant deux heures ! Décidément, nos autorités ne sont pas prêtes à gérer ce genre de situation... Inquiétant.

Je ne sais pas comment se conclura le conflit entourant la hausse des frais de scolarité, mais celui-ci, avec ses débordements, nous a rappelé avec quelle facilité certains peuvent décider de bafouer les règles qui gouvernent notre société : ses normes, ses lois, ses ordonnances de justice, etc. Perturber la paix publique pour exercer des pressions, notamment en manifestant dans les rues du centre-ville, cela fait partie des moyens de pression jugés acceptables dans certaines conditions. Mais l’exercice du droit de parole et du droit de manifester ne justifie pas le désordre, le vandalisme, le chaos, la menace, la violence. Si on veut servir la démocratie, il faut jouer selon ses règles... parce que c’est très facile d’en faire fi quand on se croit tout permis.

Idéal de justice

La vie en démocratie ne peut pas devenir exactement ce qu’une minorité voudrait qu’elle soit... Quand un soi-disant « idéal de justice » pousse certains excités à enfreindre les lois d’un État de droit dirigé par un gouvernement élu, il faut se poser des questions. Loin de faire valoir le cœur de la revendication, le coup de bombes fumigènes a occulté l’objectif de la contestation. Qui en profite ? Personne, sauf une faction de casseurs et de pseudo-anarchistes.

Des autorités dépassées

Nos autorités semblent prises au dépourvu quand survient le désordre. Pensons à la valse-hésitation et aux propos tout en nuances du maire de Montréal, aux déclarations insipides de ministres du gouvernement, aux déclarations de corridor du premier ministre, etc. L’un demande aux parents de parler à leurs enfants. Un autre joue avec les notions de solidarité ou de « geste concerté ».

Enfin, on entend le chef de l’État dire qu’il souhaite que les étudiants retournent en classe. Le principal parti d’opposition porte le carré rouge, même si cela risque de l’engager à des décisions impopulaires en cas de retour au pouvoir... Un député émet la théorie du complot voulant que des agents provocateurs aient peut-être lancé les bombes fumigènes afin de faire mal paraître les étudiants. Où est le leadership dans notre Parlement ?

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