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Falstaff à l'Opéra de Québec

Rira bien qui rira le dernier

Falstaff
PHOTO ANNIE T. ROUSSEL Sûr de lui, Falstaff (Gaétan Laperrière) tente de séduire Dame Meg Page (Marie-Josée Lord) et surtout, Dame Alice Ford (Lyne Fortin).

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Est bien pris qui croyait prendre... et ce, deux fois plutôt qu'une. Avec un humour rarement vu à l'opéra, Falstaff termine la saison de l'Opéra de Québec sur une note à la fois joyeuse et enchanteresse.

En plus de se laisser charmer par les voix sublimes des solistes, les spectateurs qui assistaient à la première de Falstaff, hier soir au Grand Théâtre, ne se sont pas fait prier pour rire à de nombreuses occasions au cours de la soirée.

Adapté de plusieurs textes de Shakespeare dont Les Commères de Windsor, il faut dire que le contexte dans lequel baigne Falstaff est teinté d'amour, de jalousie et d'un humour qui avoisine le vaudeville. Les femmes apparaissent d'une perspicacité qui vient coiffer de belle façon la cupidité de ces messieurs...

Corpulent et sûr de lui, l'aubergiste Falstaff (Gaétan Laperrière) est amoureux de Dame Alice Ford (Lyne Fortin) et décide de lui envoyer une lettre enflammée. Toutefois, aussi gourmand en amour que dans la vie, il envoie la même lettre à Dame Meg Page (Marie-Josée Lord), sans imaginer un seul instant que les deux femmes sont de bonnes amies et se montreraient les lettres.

Réalisant le double jeu de l'aubergiste, Alice Ford propose à Meg Page de lui tendre un piège avec la complicité de leur amie Dame Quickly (Sonia Racine). Mais c'était sans compter sur son mari John Ford (Jean-François Lapointe) qui, poussé par la jalousie, décide lui aussi de tendre un pièce à Falstaff...

Immense plaisir

Dernier opéra de Verdi qui avait 80 ans quand il l'a composé, Falstaff n'offre peut-être pas les airs les plus connus mais se laisse écouter avec un immense plaisir. La vaste expérience de Jacques Leblanc tant comme comédien que metteur en scène transparaît à travers une foule de petits détails mais surtout dans le rythme de la mise en scène et la direction des chanteurs qui rivalisent de talent en comédie.

C'est le cas en particulier du baryton Gaétan Laperrière qui semble être un comique naturel. Son Falstaff apparaît aussi léger qu'un plume, sa fierté et son assurance sont à mourir de rire tandis que sa voix en impose tout autant que sa ... bedaine.

La soprano Lyne Fortin incarne magnifiquement Dame Alice, elle aussi avec une sûreté et une finesse qui mettent en valeur sa voix exceptionnelle. La soprano Marie-Josée Lord et particulièrement la mezzo-soprano Sonia Racine, qui joue en quelque sorte l'entremetteuse, sont elles aussi belles à voir aller comme à entendre, bien sûr.

Jean-François Lapointe qui a émerveillé tout le monde, l'automne dernier dans Oneguine, offre ici aussi une fort belle présence.

Un plaisir du début à la fin. Pour ma part, Falstaff m'aura permis de terminer ma carrière de façon fort agréable, puisque j'ai choisi de profiter d'une retraite, je pense, bien méritée. Merci à vous tous de m'avoir lue et suivie si longtemps.

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