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Line Beauchamp : l’autre raison de sa démission

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Je ne suis pas un devin, mais mon petit doigt me dit que Line Beauchamp n’a pas renoncé à la vie politique seulement à cause du conflit qui n’en finit plus entre le gouvernement et les étudiants. Il y a aussi autre chose...

Je fais partie de ceux qui croient que Line Beauchamp a dit la vérité quand elle a affirmé vouloir essayer de débloquer la situation en démissionnant. Elle s’est sacrifiée pour donner une dernière chance à un règlement; de sa part, cela me semble magnanime.

Mais le « sacrifice » de Line Beauchamp va beaucoup plus loin. Elle renonce également à son titre de députée. Elle renonce aussi au prestigieux poste de vice-première ministre du Québec.

Cette triple démission, cette décision de carrément quitter la vie politique, cela démontre autre chose que la volonté de faire l’« ultime compromis » pour redynamiser les négociations qui stagnent avec les étudiants.

Le malaise

Je crois que le malaise de Line Beauchamp est profond et qu’il ne résulte pas seulement du conflit actuel. Mon hypothèse : le choix de Mme Beauchamp de quitter la vie politique et de mettre un terme à sa brillante carrière n’est pas étranger à l’usure du pouvoir (qui accable son parti qui dirige le gouvernement depuis 2003) et à la détérioration de l’estime que l’électorat, de plus en plus cyni­que, témoigne pour sa classe politique. C’est dommage...

Les derniers mois ont été difficiles pour les trois grandes formations politiques. L’ADQ s’est fondue dans un nouveau parti : la CAQ. Le PQ a vécu une crise sans précédent avec la démission de plusieurs de ses vedettes, dont Pierre Curzi et Lisette Lapointe. Le Parti libéral ne cesse de traîner comme un boulet des rumeurs de scandales, de corruption, de financement illégal, etc.

La ministre démissionnaire, de qui on ne peut que souligner la bonne volonté, l’acharnement au travail et la loyauté envers son parti, a certainement été ébranlée à la suite de certaines ques­tions soulevées quant à la présence d’un individu relié au milieu mafieux au cours d’un dîner-bénéfice.

Le départ surprise de Mme Beauchamp a selon moi deux motifs : celui qu’elle nous a donné, sa volonté de sortir le Québec du cul-de-sac de la crise étudiante, et son propre désabusement devant ce qu’est devenue la vie politique.

Encore une chance... probablement la dernière !
Au moment d’écrire cette chronique, il y a de fortes rumeurs de « loi spéciale » pour forcer les étudiants à respecter les injonctions. Chose certaine, Jean Charest ne laissera personne s’essuyer les pieds sur le départ de sa proche et fidèle collaboratrice, Line Beauchamp. Je pense qu’il sera intraitable et maintiendra le cap. Rappelons qu’ils sont une minorité (145 000 sur 475 000) à boycotter leurs cours et que le temps joue contre ces « grévistes ». L’opinion publique favorise le gouvernement qui, pour cette raison, ne reculera pas... d’autant plus qu’il a déjà fait des concessions en modifiant sa façon d’appliquer les hausses de tarifs.


Mme Courchesne est selon moi un
« argument de la dernière chance » avant que Jean Charest ne déclare les sessions perdues... ce qui fera surtout du tort aux étudiants, rappelons-le. La démocratie est un système fragile parce que des groupes organisés peuvent utiliser leurs droits à mauvais escient dans le but de brimer ceux des autres... Il est peut-être temps que nos élus, pour retrouver la confiance de la population, se montrent fermes.

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