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Le livre noir des cotisations

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Après des mois passés à mitrailler le gouvernement Charest pour obtenir notamment une réduction de leurs frais afférents, il serait vraiment temps que les étudiants commencent à ausculter les livres comptables de leurs associations.

En fouillant un peu cette semaine, j’ai constaté que, encore en 2012, des associations faisaient porter le poids économique de leurs choix idéologiques à l’ensemble des étudiants, et ce, directement sur cette facture des frais afférents qu’on veut pourtant réduire!

UN QUORUM DE 1 %

Dans son budget de 2011-2012, l’Association facultaire étudiante des sciences humaines (AFESH) a encaissé 220 000 $ en cotisations étudiantes. De cet argent, 15 000 $ ont été dépensés en « mobilisation » et plus de 28 000 $ en « fonds de grève »!

Comment peut-on parler de fonds de grève alors qu’il n’y a aucun prestation de grève versée? Doit-on rappeler qu’on parle ici d’étudiants et non de salariés.

La vision socialiste de l’AFESH est claire. Dans son plus récent guide syndical, il était écrit que « cette attaque contre le droit à l’éducation s’inscrit dans le contexte plus large de la montée du néolibéralisme et de la chute du bloc de l’Est. (...) »

Ce qui aide à faire passer des idées extrêmes : l’AFESH a fixé son quorum à... 1 % des membres!

LES VULVES RADICALES

L’Association étudiante du Vieux-Montréal a amassé 88 000 $ en cotisations pour la seule session d’hiver 2012.

De cet argent récolté grâce à la formule Rand (cotisation obligatoire), les militants ont provisionné un budget de 20 000 $ pour la « grève » et 7 860 $ pour de la « mobilisation »!

Les « zamis » ont besoin d’aide? Pas de problème! Cette association, à l’unanimité, a payé à même les cotisations étudiantes la publication d’un magazine anarchiste Sous les condos Hochelag et a même payé un billet d’autobus à Robin Magder, une poète féministe de Toronto, afin qu’elle participe au regroupement des Vulves radicales (une plateforme de discussion féministe) en février dernier à Montréal.

PASSES D’AUTOBUS OBLIGATOIRES!

Le discours des associations étudiantes sur les frais afférents est hypocrite. Les frais, pas dans ma cour sauf s’il est question du... transport collectif, un thème cher aux écolos.

Depuis l’an dernier, tous les étudiants à temps plein de l’Université de Montréal sont abonnés automatiquement à la carte du transport en commun, qu’ils prennent l’autobus ou pas!

Cette nouvelle facture de 154 $ par semestre apparaît sur la note des frais afférents, un cadeau non pas du méchant recteur, mais bien de la... Fédération des associations étudiantes du campus de l’Université de Montréal (FAECUM), qui a conclu une entente avec la Société de transport de Montréal (STM).

En communiqué, la STM a même félicité cette imposition mur à mur à tous les étudiants!

« Si la STM peut offrir un tarif si avantageux, c’est grâce au modèle financier du programme, qui prévoit l’abonnement systématique pour tous les étudiants admissibles et à la contribution de l’Université. ».

Les étudiants avaient donné leur accord dans une proportion de 80 %... avec un taux de participation de 20 %.

Une rigueur accrue dans la gestion des universités, je veux bien. Mais avant de donner des leçons d’équité et de transparence sur toutes les tribunes, les associations étudiantes devraient donner l’exemple.

Gouvernements et universités n’ont certainement pas le monopole du gaspillage; les associations sont loin d’avoir celui de la vertu.

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