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Conflit étudiant

Le «réveil d’une génération» - Jacques Parizeau

Parizeau
Photo Annie T. Roussel

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Les manifestations qui se succèdent soir après soir dans les grandes villes du Québec ressemblent à un éveil qui avait précédé la Révolution tranquille dans les années 1960, estime l’ancien premier ministre du Québec Jacques Parizeau.

«Ça ressemble à un extraordinaire réveil d’une génération», a déclaré M. Parizeau devant un parterre de quelque 120 souverainistes rassemblés à l’Université Laval à l’occasion des assises régionales de la Commission nationale des états généraux sur la souveraineté du Québec. La Révolution tranquille fut réalisée par des jeunes, a signalé Jacques Parizeau.

Même un «homme de droite» comme Daniel Johnson père s’était laissé emporter par le mouvement, seulement 15 jours après avoir pris le pouvoir en 1966, a dit M. Parizeau. «Les grandes années de la libération de la femme. C’est inouï ce qui se passait à l’époque. Et là, ça ressemble à ça», observe l’ancien chef du Parti québécois.

Le soulèvement québécois présente aussi des ressemblances avec le mouvement des indignés observés dans d’autres pays, suggère Jacques Parizeau. «Je comprends Occupy Wll Street aux États-Unis. Qu’on dépense mille millards de dollars pour sauver les banques alors que trois millions de familles américaines perdent leur maison. On serait indignés à moins que ça», a dit l’ancien ministre des Finances.

Au sujet du conflit qui oppose les fédérations étudiantes au gouvernement Charest, l’ancien premier ministre s’est abstenu de donner quelque conseil au premier ministre. Il a tout de même livré le commentaire suivant: «Qu’on ait laissé pourrir pendant 15 semaines, quelque débat social que ce soit, je n’en reviens pas. J’ai commencé mes contacts avec les grands débats sociaux avec la grève générale des hôpitaux en 1966, sans services essentiels. J’en ai vu.».

Jacques Parizeau se dit impressionné par les manifestations qui ont ressemblé 200 000 personnes dans les rues Montréal, les 22 mars et 22 mai. «Ça m’impressionne. J’en ai organisé des manifestations. Je n’ai jamais réussi à avoir plus de 100 000 personnes. Que 200 000 personnes puissent manifester au Québec sans un seul drapeau canandien, j’en reviens pas.»

Puis Jacques Parizeau a cité un commentaire de l’ancien président de la France, François Mitterand, au sujet des jeunes: «Il n’est pas vrai que les jeunes ont toujours raison. Mais une société a tort de taper dessus.»

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