/news/politics
Navigation
RAMQ | AVANTAGES

Deux classes de citoyens québécois

 Yves Bolduc
© Photo Jean-François Desgagnés Le ministre de la Santé, Yves Bolduc, n’y voit aucun problème.

Coup d'oeil sur cet article

« Ils sont complètement déconnectés de la réalité », a laissé tomber la porte-parole de l’opposition officielle en matière de santé, Agnès Maltais, lorsque le Journal l’eut informée de la situation.

La députée de Taschereau comprend que la régie enregistre des gains de productivité, mais, selon elle, il est complètement anormal de demander aux citoyens de payer un médecin privé pour des employés de l’État.

« Là, tu dis quoi aux deux millions de Québécois qui n’ont pas de médecin de famille? D’aller travailler à la RAMQ? » a-t-elle questionné.

Selon elle, le Québécois « ordinaire » sera en « joual vert » d’apprendre que certains fonctionnaires ont cet accès privilégié à un médecin.

« Le contribuable paie pour le salaire des employés de la régie, et aussi pour le médecin des employés, pour qu’ils n’aient pas à attendre », a analysé Mme Maltais, qui se dit « choquée ».

Le député de la Coalition avenir Québec, François Bonnardel, a aussi réagi avec véhémence.

« Il y a deux classes de Québécois. Tu as certains fonctionnaires qui peuvent bénéficier d’un médecin payé par les contribuables, et tu as deux millions de Québécois qui n’en ont pas, qui paient une contribution santé de 200 $ et versent la moitié de leurs impôts au système de santé. »

Il dit avoir du mal à comprendre comment la direction de la RAMQ a pu autoriser ce contrat.

« Ça va être quoi si les autres ministères ou organismes demandent la même chose? C’est un avantage vis-à-vis des autres citoyens », a ajouté le député de Shefford.

Pas de problème

Informé de la situation, le ministre de la Santé, Yves Bolduc, n’y voit aucun problème.

« Toutes les entreprises au Québec, prenez les grandes entreprises comme Alcan ou AbitibiBowater, elles ont toutes des médecins attitrés », a-t-il soutenu, disant ne pas craindre une réaction négative du public.

« Quand tu as un certain nombre d’employés, tu as un médecin qui va s’occuper du personnel, faire du contrôle d’absentéisme, ce n’est pas exceptionnel », a conclu M. Bolduc.

Commentaires