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Québec recule

Fini le médecin au bureau

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Photo Simon Clark

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La Régie de l’assurance-maladie a été forcée de faire marche arrière. Pliant sous la controverse, le ministre de la Santé lui a ordonné de mettre un terme au service privé de médecins et d’infirmières pour ses employés.

« Bien qu’elle demeure convaincue du bien-fondé des services médicaux rendus à ses employés par un médecin et deux infirmières, la RAMQ a décidé de mettre fin immédiatement à ces services, compte tenu des réactions soulevées », a écrit le porte-parole, Marc Lortie, lundi.

En fait, le ministre de la Santé, Yves Bolduc, n’a pas laissé le choix aux dirigeants de la RAMQ.

Même s’il avait d’abord défendu l’initiative, le ministre a fait savoir à la régie qu’elle devait cesser cette pratique révélée par le Journal.

« Dans le contexte que tous les citoyens sont obligés d’aller voir leur médecin et aller chercher leurs propres services, je leur ai dit que ce n’est pas acceptable », a indiqué le ministre Bolduc, lundi.

Selon lui, la présence d’un médecin d’une clinique privée, un jour par semaine, pour traiter les 1 500 employés de la RAMQ, posait un réel problème de perception.

« On se paie un système public dans lequel on passe comme les autres citoyens. Je défends toujours l’égalité des services; alors, ce n’était pas correct aux yeux de la population et du ministre », a-t-il ajouté.

Revirement

 

Pourtant, lorsque le Journal l’avait informé du contrat annuel accordé par la RAMQ à la clinique privée Robert et Lizotte pour qu’un médecin soigne les employés au bureau sur une base hebdomadaire, dans un souci de gain de productivité, M. Bolduc avait affirmé qu’il n’y avait là rien d’exceptionnel.

« Toutes les grandes entreprises comme Alcan ou Abitibi Bowater, elles ont toutes des médecins attitrés », avait-il déclaré, disant qu’il ne craignait « absolument pas » une réaction négative du public.

Questionné sur son revirement, le ministre a plaidé qu’il avait mal saisi la portée du travail effectué par le médecin à la RAMQ.

« Je pensais que ce n’était que du contrôle d’absentéisme, mais là, les bases de notre système reposent sur l’universalité », a défendu M. Bolduc.

Manque de jugement

 

Témoins de l’évolution de la situation, les partis d’opposition n’ont pas cru la version du ministre de la Santé.

« Le ministre a fait montre d’un manque flagrant de jugement. Il a mal compris la réaction; or, les gens réagissent fortement parce que son travail à Bolduc, c’est de donner accès à des médecins de famille à tous les Québécois, pas à ses employés », a lancé la députée péquiste Agnès Maltais.

Le député de la CAQ François Bonnardel estime aussi que le gouvernement n’avait pas le choix de réagir.

« Les gens étaient scandalisés de voir que certains employés d’organisme gouvernemental avaient ce privilège et que les contribuables payaient pour eux », a-t-il indiqué.

Le contrat renouvelé annuellement avec Robert et Lizotte était de 64 000 $, alors que les frais pour la présence d’infirmière quatre jours par semaine s’élevaient à 49 000 $.

 

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