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Manifs à Québec

Deux poids deux mesures

Arrestation
© Les archives René Baillargeon

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Depuis le début des manifestations nocturnes liées à la grève étudiante, les policiers de Québec ont remis 489 constats d’infractions pour un total de 241 500 $ en amendes.

Seulement mardi soir, les policiers ont appréhendé 65 manifestants à qui ils ont donné des contraventions totalisant 31 970 $. En comparaison, à Montréal, là où les manifestants et les actes de vandalisme sont beaucoup plus nombreux, les policiers ont émis 1 322 billets d’infraction au cours de la même période dont cinq ont été remis mardi soir.

« C’est beaucoup plus facile de casser rapidement le mouvement à Québec parce que nous sommes moins à manifester. À Montréal, on dirait que les policiers nous laissent aller pour ne pas que ça dégénère », a expliqué Samuel Matteau, cinéaste indépendant qui a participé aux manifestations à Montréal et à Québec.

Pas de comparaison

Questionné sur cette différence entre les techniques d’intervention et sur la « façon de faire » des policiers du SPVQ, la réponse est claire : on ne désire surtout pas se comparer aux autres corps policiers.

« À Québec, nous travaillons de cette façon depuis le début. Sur 37 manifestations, des constats ont été remis à cinq ou six occasions. Nous sommes tout de même très tolérants, surtout lorsque les policiers, soir après soir, se font invectiver et lancer des bouteilles de bière », a mentionné Catherine Viel, porte-parole au Service de police de la ville de Québec.

La « façon d’agir » des manifestants est aussi bien différentes dans les deux villes. Selon une source qui désire préserver l’anonymat, les organisateurs des manifestations de Montréal sont mieux organisés.

« Les gens sont munis de cellulaires, à l’avant aussi bien qu’à l’arrière de l’attroupement. À la minute où un groupe de policiers est vu, l’information se transmet et les gens se dispersent. À Québec, on dirait que les gens n’ont pas compris qu’il faut réussir la manifestation sans avoir de constat », a dit notre source qui a aussi manifesté à Québec et Montréal.

« On dirait presque c’est une commande politique à Québec. À Montréal, les manifestations sont toujours illégales, mais tant qu’il n’y a pas de casse, les policiers laissent aller. À Québec, il n’y a jamais eu de casse et à chaque fois qu’il n’y a pas de trajet, les policiers nous arrêtent », a aussi fait savoir le manifestant Patrick Beauregard.

Manifestation pacifique

Mercredi soir, la manifestation de Québec s’est déroulée pacifiquement, sans grabuge. Les manifestants, près de 150, ont décidé, à faible majorité, de donner leur trajet aux policiers. Au moment d’écrire ces lignes, la manifestation était toujours légale.

Avec la collaboration de Nicolas Lachance

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